michael's profileJudaïc ParkPhotosBlogListsMore Tools Help

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    March 31

    Fabrication de Matzot

     
     
    Une petite vidéo retraçant la fabrication de matzot pour pessa'h 5768 a or akiva, israel.
    March 30

    Casheroute

     
    Quelques jours avant la Pâques juive, un rabbin rentre chez lui lorsqu'il se rend compte qu'un de ses fidèles marche juste devant lui sur le trottoir. Le rabbin hâte alors le pas pour le rattraper et lui dire bonjour, mais à son grand désarroi, il s'aperçoit alors que ce fidèle rentre dans un restaurant chinois.
    Le rabbin n'en croit pas ses yeux! Il se poste devant la vitrine et continue à s'étonner lorsque le gars commande et ensuite ingère des crevettes au Curry suivies de Porc à la cantonaise !
    Le rabbin est tellement hors de lui qu'il entre dans le restaurant et interpelle la brebis égarée:
    - Moshé! Qu'est-ce que tu fais ?!
    Moshé se tourne vers son rabbin et lui demande:
    - Qu'y a-t-il? Je ne comprends pas...
    Le rabbin:
    - Enfin Moshé, j'ai vu ça que tu as fait toi Moshé, toi que je vois toujours à la synagogue, toi qui es le plus fort en théologie !
    Alors Moshé lui répond :
    - Rabbi, est-ce que vous m'avez vu rentrer dans ce restaurant ?
    - Oui
    - Est-ce que vous m'avez vu commander un repas ?
    - Oui
    - Est-ce que vous m'avez vu manger ce repas ?
    - Bien sûr que je t'ai vu manger ce repas ! Pourquoi crois-tu que j'ai fait irruption ici ?!
    - Dans ce cas rabbi, je ne vois pas où est le problème: tout a été fait sous la supervision d'un rabbin !
    March 26

    Champagne casher : le même goût, le sacré en plus

     

    Parmi les millions d'hectolitres de champagne produits chaque année, quelques milliers se distinguent par leur caractère sacré. C'est le champagne casher vinifié sous le contrôle du rabbin.

    « C'EST pour la bar-mitsva (communion) du fils de Coco », lance le rabbin, dans un grand éclat de rire. Il fait référence au film de Gad Elmaleh qui fait actuellement un triomphe au cinéma.
    Kippa vissée sur la tête, il est en plein travail de manipulation sous l'œil vigilant des équipes du champagne Louis de Sacy (Verzy). Car lui n'est pas expert en champagne mais en écritures saintes du peuple juif. Il est pourtant le seul à pouvoir manipuler les bouteilles car on ne fait pas du vin casher comme un vulgaire vin de messe. Et cela dès que le raisin tombe dans le pressoir et jusqu'à l'embouteillage. Car pour faire du champagne casher, il faut du raisin (ça tombe sous le sens), un terroir (la Champagne) et un juif pratiquant pour la manipulation. Ici, c'est Ygal Amar, rabbin de Reims, qui s'y colle.
    Il doit veiller au respect des préceptes religieux juifs, au premier rang desquels des conditions d'hygiène irréprochables. Le matériel est systématiquement ébouillanté ou purifié par le rabbin lui-même. Il doit être présent à tous les stades du processus de vinification : du pressurage jusqu'au tirage ; veiller qu'aucun goy (non juif) n'y touche, sinon tout serait à recommencer. « Il n'y a rien de plus sain (t) qu'un produit casher », prévient le rabbin.
    « Traditionnellement, le juif pratiquant fait la prière sur le pain et sur le vin », poursuit Ygal Amar. « Le chic du chic, c'est de faire Shabbat avec du champagne casher », lance Alain de Sacy, qui prêche un peu pour sa paroisse, il est le patron du champagne du même nom.


    Pas facile à dénicher
    Question du néophyte : ce que vous faites là, c'est religieux ? Réponse du rabbin, en pleine séance de bouchage : « Non, non, c'est juste le respect de la norme européenne. » Le rabbin remplace une partie des ouvriers et fait leur boulot.
    Pour suivre les bouteilles tout au long de la champagnisation, une petite mention au laser est portée sur la bouteille : casher. Le tout contrôlé par le rabbinat de Paris et celui des Etats-Unis, deux des principaux marchés du champagne casher. La maison Louis de Sacy produit 270.000 bouteilles et seulement 15.000 bouteilles casher. Cet après-midi-là, 2.000 d'entre elles passeront entre les mains du rabbin. Pas de prière… « Non, ici on bosse », prévient le rabbin.


    25 % plus cher
    La particularité du champagne casher de la maison Sacy est d'être Mévushal. Cela veut dire que la bouteille peut être ouverte par un non juif, elle reste casher. Un miracle ? Non, le secret c'est la flashpasteurisation faite par le rabbin à 89° pendant un centième de seconde.

    « On fait venir une machine spécialement de Bourgogne pour cela », explique Alain de Sacy.
    « Je me suis lancé dans le champagne casher en 1992, d'abord parce que je suis juif et que je sais qu'il y a un marché pour ce type de vin. » La première année, seulement 5.000 bouteilles estampillées casher sont sorties de ses caves, « pour préserver le qualitatif », prévient-il. Aujourd'hui, la production reste modeste. Elle s'élève à 15.000 bouteilles par an. « Je ne fais pas du casher pour faire de l'argent. D'ailleurs, les quantités sont trop faibles et les frais engendrés (certification, habillages et bouchons particuliers) très importants. » Le vin ainsi obtenu est vendu 25 % plus cher. Environ 27, 5 € à la propriété contre un peu moins de 20 € pour la même bouteille non casher.
    Difficile d'en dénicher chez les détaillants en vin ou dans les grandes surfaces de la cité des sacres. Le marché local, avec ses 200 familles juives, est trop restreint. Les défenseurs du dogme de la méthode champenoise peuvent se rassurer. Nous l'avons goûté. Il est très bon. Mazel Tov !
    Alexandre Roger

    ***********************

    Vous avez dit casher ?

    Il y a peu de différences entre le vin casher et les autres types de vins… (au goût carrément pas) si ce n'est le respect de certaines règles de fabrication. Le processus d'élaboration du vin est identique à celui de n'importe quel vin, quelques précautions en plus sont prises avec, toujours, le contrôle d'un délégué rabbinique.
    Il est le garant du caractère casher du vin. Une fois les vendanges effectuées et jusqu'à la mise en bouteille, ils sont les seuls autorisés à opérer toutes les manipulations nécessaires à l'élaboration du vin.
    Pompes, cuves, pressoirs et autres tuyaux permettant la fabrication du vin casher ne doivent pas comporter d'impuretés. Là encore, ce sont les délégués rabbiniques qui veillent à leur cashérisation (nettoyage scrupuleux à l'eau bouillante…).
    Il leur revient enfin de plomber et d'identifier clairement chaque cuve casher afin qu'aucune manipulation n'ait lieu en leur absence ni en dehors des périodes autorisées (comme le Shabbat par exemple). Et cela, y compris pendant le processus de vieillissement du vin.
    Chaque bouteille casher porte quatre signes distinctifs : le logo du « Beth Din » et la mention « cacher Le Pessah » ou le logo « KBDP » sur le bouchon, l'étiquette, la capsule et la collerette.

    March 18

    Boycott Israël ? Chiche! Et si on vous prenait au mot...

     

    Même si les rares partisans occidentaux du Hamas - qui se font honteusement appelés «pro-palestiniens» (sic !) - sont particulièrement longs à la détente et pas très fute-fute, il semblerait qu’ils commencent à comprendre que le boycott de l’Entité Sioniste (re-sic !) ne doit pas uniquement passer par la mise à l’écart des savoureux agrumes de Jaffa, des avocats Carmel, des films interprétés par Natalie Portman, Tomer Sisley ou encore, des chansons de Noa ou de Yaël Naïm… Vu que leur menace est comparable à la bave du crapaud sur la crinière du lion, autant aider ces malheureux oisifs en leur glissant les conseils ci-dessous… A bon entendeur !

      Si vous voulez vraiment boycotter ISRAEL

    Commencez par jeter votre ordinateur :
    Les puces Intel - dont le Centrino et Pentium que l'on trouve dans les portables, et la Wifi, et Motorola, et les modems avec lesquels vous me lisez,  et MSN … et toutes les messageries permettant les chats, - sans oublier vos téléphones portables - ONT TOUS ÉTÉ CONCUS en Israël.
    Le téléphone cellulaire a été développé en Israël, par des Israéliens travaillant dans la branche israélienne de Motorola - dont le plus grand centre de recherche et de développement dans le monde est en Israël. La plupart des programmes Windows NT et XP ont été développés par Microsoft Israel. La technologie Voice Mail a été développée en Israël. Les seules implantations de recherche et de développement de Microsoft et Cisco (hors USA) sont en Israël.
    La technologie de l'AOL Instant Messenger ICQ a été développée en 1996 par quatre jeunes Israéliens. Israël a le plus fort pourcentage mondial d'ordinateur domestique par habitant.

    Vous voulez boycotter ISRAEL Chiche ?         
    Méfiez-vous car :
    Israël a le plus fort pourcentage mondial de diplômés universitaires. Israël
    est de très loin le pays au monde produisant le plus de publications scientifiques par habitant. Israël a un des plus forts taux de brevets par habitant. Proportionnellement à sa population, Israël a le plus grand nombre de start-up du globe. En nombre absolu Israël a le plus grand nombre de start-up ; plus que n'importe quel autre pays - USA excepté (3.000 sociétés de Hi-Tech et 500 de biotech).
     
    Israël représente 1/3 de l'industrie Telecom du monde. Israël est la plus grande concentration de sociétés de Hi-Tech dans le monde après la Sillicon Valley. Israël est au deuxième rang mondial pour les investissements capital risque après les USA.  Hormis les USA et le Canada, Israël est le pays qui au monde, a le plus fort pourcentage de sociétés cotées en bourse. 
    Israël a été la première Nation à créer un standard international de certification des diamants ; reconnu et adopté dans le monde entier.
    Donc, good bye les diams...mesdames.


    Si vous voulez toujours boycotter
    ISRAEL … : 
    Ne vous faites plus vacciner ! : Beaucoup de vaccins sont conçus à l'Institut Weizman de Rehovot en Israël. Plus de scanners ni d'IRM ! Plus de traitement de votre maladie de Parkinson. Plus d'antibiotiques ni aucun autre médicaments : 75 % des médicaments vendus dans le monde sont fabriqués par des firmes israéliennes (et un volume impressionnant est distribué - discrètement - dans les pays arabo-musulmans).
    Les médecins israéliens ont développé
    le premier système entièrement automatisé de diagnostic de cancer du sein sans radiations. Une compagnie israélienne a développé un système informatisé d'administration des médicaments à l'abri de toute erreur humaine. Rien qu'au Etats-Unis on estime que 7.000 personnes meurent chaque année dans les hôpitaux suite à une erreur de traitement. 

    La société israélienne Givun Imaging a mis au point la première vidéo-camera de la taille d'une gélule à avaler pour dépister les cancers et autres pathologies digestives. Les chercheurs israéliens ont développé un nouveau système qui aide directement le cœur à pomper le sang, sauvant ainsi des vies lors d'accidents cardiaques. Ce système est synchronisé avec les battements de cœur grâce à un procédé de palpeurs très sophistiqués.

    Boycottez ISRAEL !

    Israël a développé un nouveau traitement pour l'acné de rayons UV soigneusement choisis pour détruire les bactéries sans nuire à la peau. Israël vient de mettre au point un vaccin contre l'Anthrax plus efficace que les deux autres existants au monde (russe et américain). Une société israélienne a conçu et installé une gigantesque station de production électrique par énergie solaire dans le désert de Mojave en Californie du  Sud.

    Vous voulez toujours boycotter ISRAEL ?           
    Ne mangez plus de dattes : Les palmiers-dattiers poussent au Moyen-Orient depuis des siècles. Ces arbres ont en moyenne 5 à 7 mètres de haut et produisent 17 kg de dattes par an. Les palmiers israéliens produisent aujourd'hui 200 kg de dattes par an et sont néanmoins assez petits pour que l'on puisse les récolter et les exporter anonymement vers des pays comme… l’Algérie (eh oui vous avez bien lu !) qui les revendent sans complexe…
    Plus de tomates cerise conçues dans la bande de Gaza du temps où des Juifs travailleurs ne vivant pas de la charité de l'ONU y habitaient et y travaillaient. Plus d'arrosage au goutte-à-goutte dans vos jardins et vos champs…


    Mais courage ! : vous pouvez toujours vous consoler en prenant garde de ne plus offrir de compil’ de Mike Brant (il repose à Haïfa, Paix à son âme…), de CD de Yaël Naïm, Keren Ann, Noa - voire de Rika Zaraï si vous êtes septua. (!)….
    N’allez plus non plus voir les films - ou n’achetez plus les DVD - de Natalie Portman (citoyenne israélienne née à Jérusalem), Tomer Sisley ou encore toutes les innombrables productions hollywoodiennes dirigées par Arnon Milchan (Mr. & Mrs. Smith, Fight Club, Brazil, Pretty Woman…) ou Avi Nesher (les series Marvell, les Superman, Spiderman, etc.). Ces quatre Israéliens étant évidemment reconnus comme de grands soutiens à leur pays d’origine... Sans oublier Leonardo DiCaprio qui partage depuis plusieurs années une romance passionnée avec la sublime Bar Rafaeli, célèbre top model israélienne.

    Et tant qu’à faire, boycottez aussi les artistes qui, ces dernières années, voire ces derniers mois se sont rendus en Israël avec enthousiasme : DiCaprio justement, Will Smith, Sharon Stone, Paul McCartney, Madonna, David Lynch - pour ne citer que les plus illustres - mais aussi, le chanteur français Raphaël, Gérard Depardieu (qui adore Tel-Aviv et qui y revient souvent), Sophie Marceau, Juliette Binoche, Jane Birkin, Victoria Abril, Georges Moustaki, Michel Jonasz, Djamel Debbouze, Arthur et Gad Elmaleh (cela va de soit !...) ou encore, les auteurs romanciers Erik Orsenna - et tout récemment, le dernier Prix Goncourt Atiq Rahimi !

    March 17

    Aîné, cadet ou benjamin, qui est le mieux placé ?

     

    En règle générale, personne n’est content. On croit toujours que la position de ses frères et soeurs est plus avantageuse. Existe-t-il vraiment une place meilleure que les autres dans une fratrie ? Petite enquête, entre la Torah et le XXIe siècle.

    Dans la Bible, la réponse est claire : il vaut mieux être l’aîné ! C’est lui qui reçoit la meilleure bénédiction et hérite de son père. Alors que le cadet doit se contenter des restes. On ne s’étonnera donc pas de voir Rebecca aider son fils préféré, ou Jacob, ruser pour « doubler » Esaü lors de la bénédiction d’Isaac… Et si on lit bien le texte, il est évident qu’Esaü a eu tort de vendre son droit d’aînesse pour un simple plat de lentilles. Ce qui signifie bien que cette position est la plus enviable !

    Pourtant, l’aîné n’est pas forcément le préféré… C’est bien ce que semble penser un autre aîné, fort célèbre, que l’on voit dans la Torah : Caïn, jaloux d’Abel, son cadet. Un jour, Caïn, agriculteur, fait offrande à Dieu de ses plus belles récoltes, et Abel lui présente sa plus belle brebis. Dieu préfère l’offrande d’Abel à celle de Caïn et fait remarquer à celui-ci son attitude moins généreuse. Caïn, vexé, ordonne alors à son frère de sortir pour régler ça… et le tue ! Est-ce la préférence de Dieu pour Abel qui a provoqué la jalousie de Caïn ? Dans tous les cas, cela ne justifie ni violence ni homicide ! Pas plus que cela n’excuse l’attitude des frères de Joseph, qui le vendent à des marchands parce qu’ils sont jaloux de la préférence de Jacob pour ce fils, issu de Rachel, sa bien-aimée. Mais on peut en tirer un certain nombre de leçons en tant que parent : la plus évidente étant que, lorsque dans une famille, les préférences des parents sont clairement affichées, les conséquences sur les enfants sont généralement désastreuses.

    La Torah nous donne aussi sa version des familles « recomposées » avec le récit d’Isaac et d’Ismaël, les premiers « demi-frères » de l’histoire.

    Ismaël et sa mère Agar sont chassés à la demande de Sarah, parce qu’Ismaël, alors adolescent, s’est moqué du « petit » Isaac lors de la cérémonie de son sevrage. Isaac devient alors l’unique dépositaire de l’Alliance, et cesse d’être le cadet pour devenir l’enfant unique, l’enfant roi dirait-on aujourd’hui. Un cas assez rare pour être remarqué… Un autre exemple tiré de la Bible, lui aussi plein d’enseignements, est celui de la fratrie de Moïse. Bébé, il est sauvé par sa soeur Myriam, qui le pose sur le Nil et surgit au bon moment pour proposer à la fille de Pharaon une nourrice, en la personne de sa mère. Et plus tard, alors qu’il s’angoisse à l’idée de bégayer devant Pharaon, Moïse s’appuie sur son frère aîné, Aaron. Aaron et ses descendants les Lévites parlent alors au nom du Père, l’Éternel, alors que Moïse parle avec le père. Une histoire que la psychologie d’aujourd’hui confirme en expliquant que le père a toujours plus de rivalité avec son fils aîné qu’avec son fils cadet (bien entendu, quand l’aînée est une fille, cela n’a plus rien à voir…). Bref, la Bible regorge d’histoires de fratries célèbres, qu’il est toujours de bon augure d’étudier, même s’il est clair que l’organisation des fratries et leur « gestion » ont considérablement changé depuis l’époque de la Torah.

    La position dans la fratrie influence grandement la construction du caractère d’un individu.

    Aîné = préféré ? En France, depuis la Révolution française, la loi ne règle plus le statut social de chacun selon son rang de naissance. On est dans une conception égalitaire, aussi bien en termes de rang dans la fratrie, qu’en termes de sexe des enfants. Pourtant, force est de reconnaître que la position dans la fratrie influence grandement la construction du caractère d’un individu. En psychologie, on dit que quatre grands facteurs entrent en ligne de compte dans la façon dont sera vécu le rôle d’aîné ou de cadet dans une famille : le fait de savoir si l’aîné est une fille ou un garçon, l’écart d’âge entre l’aîné et le cadet, le nombre d’enfants dans la fratrie, et enfin, la place de chaque parent dans sa propre fratrie. Entre douze et dix-huit mois, on parle d’écart réduit. Entre deux et quatre ans, d’écart moyen, et à partir de cinq ans, d’écart large. Dans ce troisième cas, la personnalité de l’aîné est déjà bien définie (aux alentours de 6 ans, environ), elle peut évoluer ou s’adapter à un nouveau contexte, mais elle ne changera pas radicalement, même si un autre enfant naît. De la même façon, on admet que si la famille est recomposée alors que l’aîné a 8-10 ou 12 ans, cela ne bouleversera pas non plus sa personnalité. Ce qui ne veut pas dire, bien entendu, que s’adapter à sa nouvelle vie ne va pas bouleverser ses comportements… Il est entendu par tous que la position de l’aîné a un véritable avantage : celui de connaître l’amour de ses parents pour lui tout seul. La naissance du premier enfant est souvent le plus beau jour de la vie d’un couple, elle fonde la famille. Et tous les psychologues ajoutent que l’aîné « fait ses parents ». Pendant un certain temps, toute leur attention et parfois leurs angoisses sont concentrées sur cet enfant. Pas étonnant donc qu’en contrepartie, ils attendent beaucoup de lui. Même s’ils ne lui imposent pas toujours les bonnes règles quand il est petit, car ils sont encore des parents novices. Ainsi, il n’est pas rare de voir les aînés traîner la patte pour faire leur lit, mettre la table, etc., alors que les suivants, habitués plus tôt à cette « gymnastique », s’y soumettent donc plus volontiers !

    L’aîné peut aussi avoir tendance à se transformer en « petit chef ». Il truste la télécommande, choisit sa place à table, envoie les autres faire les corvées pendant qu’il téléphone, etc. À vous de veiller à ce qu’il n’abuse pas ! Et, si c’est une fille, ne lui faites pas trop jouer le rôle de seconde maman, comme cela arrive trop souvent dans les familles nombreuses, car elle aurait de fortes chances de vous le reprocher ensuite. L’aîné est souvent perçu par les autres comme le préféré, car il a le droit de faire plus de choses, même si c’est du simple fait de son âge. En contrepartie, il devra s’occuper des plus jeunes, voire à prendre pour les autres quand de grosses bêtises ont lieu en sa présence. Si bien que lui-même est souvent persuadé de ne pas avoir une position enviable… jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge adulte et se dise, avec le recul, que ce n’était pas si mal. Car pendant son enfance, l’aîné est obnubilé avant tout par sa position de premier-né, si bien que, quand survient un autre enfant, le partage peut s’avérer difficile. Et même se traduire par une régression physique et parfois mentale. Les parents sont parfois prêts à des compromis savants pour éviter cette jalousie qui, la plupart du temps, heureusement passe au bout de quelques mois. Même si dans la tête du plus grand, le cadet, fille ou garçon, est un « voleur d’amour », un empêcheur de tourner en rond qui vient troubler le trio qu’il formait avec ses parents. En dehors de ça, les aînés sont finalement assez sympathiques, souvent ambitieux et perfectionnistes, organisés et indépendants. Cependant, ils attendent toujours de la reconnaissance et en grandissant, ils sont souvent déçus que leurs parents ne s’extasient pas de leurs réussites comme au temps de leur petite enfance. Mais quand ils se sentent soutenus, ils peuvent faire des étincelles. Si bien qu’on dit le plus souvent que c’est la place du cadet qui est la plus difficile ! En français, le mot cadet vient du gascon « capdet » qui signifie « chef de bande ». En effet, jusqu’au XVIIIe siècle, il n’héritait pas de la propriété familiale à la mort de ses parents, et se retrouvait donc à courir les routes pour trouver sa subsistance.

    « Plus l’aîné et le cadet sont proches en âge et plus leurs relations se composent alternativement de rivalité et complicité. »

    Cadet = « voleur d’amour » ? Ce n’est pas un hasard non plus si le mot désigne aussi un élève militaire. D’une certaine manière, en France, le cadet est donc celui qui hiérarchiquement est en dessous de l’aîné. À ses ordres, donc… En anglais, on parle juste de younger child, ce qui est plus neutre, mais n’est pas forcément vrai quand la fratrie compte plus de deux enfants. Dans une famille de deux enfants, être le cadet, c’est d’office être aussi le plus petit, ce qui a évidemment des avantages. C’est là que les autres facteurs ont une grande importance dans la perception que chacun a de sa place. Ainsi, deux enfants du même sexe seront plus dans la rivalité, mais leur amitié aussi sera proportionnellement plus grande qu’entre une fille et un garçon. Dans une famille de trois enfants, on ne parle plus de cadet mais « d’enfant du milieu », sandwich child en anglais, et là, dans l’appellation même, on sent que ce n’est pas la meilleure position. Cet enfant n’est pas le premier et n’en a donc pas les avantages. Il n’est pas non plus le plus petit qu’on doit protéger. Si bien qu’il se demande souvent quoi faire pour attirer l’attention de ses parents, quitte à multiplier les bêtises ! De plus, quand l’aîné offre sa protection au plus jeune, il a l’impression qu’une coalition existe entre eux ! Il a donc deux choix : soit il devient un bon médiateur et même un fin négociateur. Soit il s’impose… parfois même par la violence. Il faut donc veiller à lui laisser une place à part entière ! Étant parfois considéré comme un grand et parfois comme un petit, il ne sait plus trop lui-même. « Imprévisible », le deuxième est difficile à cerner : « Il est l’esprit libre de la famille ou le plus susceptible d’énerver ses frères et soeurs. Quand trois enfants regardent tranquillement la télévision, si vous entendez soudainement crier, vous pouvez parier que c’est le cadet qui est venu troubler la paix ! » constate Michael Grose, spécialiste de l’éducation et auteur du livre Pourquoi les aînés veulent diriger le monde et les benjamins le changer (Marabout-Hachette). « Pourquoi ? Car le second cherche sa place entre un aîné – surtout s’ils ont moins de deux ans d’écart – dont il n’accepte pas les ordres, et les plus jeunes, sur lesquels il se ‘‘venge’’ ! Par ailleurs, plus l’aîné et le cadet sont proches en âge et plus leurs relations seront alternativement rivalités et complicité. Très sensible à la justice ou à l’injustice, l’enfant du milieu peut cependant devenir un adulte conciliant, ouvert aux compromis. Comme il peut aussi se fermer comme une huître afin d’avoir la paix… » Heureusement, on constate souvent que les cadets sont également généreux et compétitifs, et prompts à réussir en dehors de leur famille ! Et, comme, tous les spécialistes s’accordent à le dire, il n’y a pas de configuration meilleure qu’une autre, et pas de fatalité ! Qu’en est-il alors du benjamin ?

    Benjamin = chouchou ? On parle de benjamin dans une famille de trois enfants ou plus. Petit, tout le monde veut s’occuper de lui, le protéger. Le benjamin est souvent charmeur (voire manipulateur), un brin flemmard et a l’art d’esquiver les corvées… Normal, il est malicieux, il lui suffit souvent de demander gentiment ou de faire un sourire pour qu’un adulte ou un aîné vienne à son secours… Pas de grandes décisions à prendre, pas de grosses responsabilités, le benjamin suit le mouvement ! Bien qu’il admire son aîné, il éprouve souvent de la jalousie à son égard, car il n’a pas le droit de faire les mêmes choses. Il essaye alors ou de se hisser à son niveau ou de l’amener au sien. Il peut aussi avoir tendance à vouloir conserver sa place de bébé, et/ou à faire punir le ou les plus grands, histoire de rester le préféré de ses parents. Il doit être convaincu que vous êtes fier de lui, et que vous ne l’aimez pas moins à mesure qu’il grandit ! Volontaire, il obtient presque toujours ce qu’il veut. Certains parents ayant tendance à vouloir qu’il reste petit ad vitam æternam, le benjamin doit s’affirmer, surtout lorsqu’il est devenu adulte et que sa famille ne s’en rend pas compte ! Les benjamins sont généralement sociables, affectueux et faciles à vivre, mais ils n’aiment pas l’autorité. Une chose est sûre, c’est dans la lutte entre frères et soeurs, et en expérimentant la jalousie que l’individu se trouve une place. Et fait le test de ce que pourront être plus tard, ses relations avec ses amis proches. En tout cas, ce n’est pas un hasard si l’on dit qu’on est « membre » d’une famille, car il faut considérer celle-ci comme une seule personne, comme s’il s’agissait d’un corps dans lequel chacun est un organe vital, indispensable au bon fonctionnement du tout. Si l’on garde bien cela à l’esprit, on a de fortes chances que chacun soit heureux de son sort !

    Gamla, la « Massada du Nord »

     

    Gamla, cité antique, fortifiée à l’époque de Josué, plusieurs fois conquise et reprise… Son histoire relativement méconnue et sa beauté exceptionnelle justifient sans nul doute de s’y attarder.

    Sa topographie évoquant une bosse de chameau – gamal en hébreu – a inspiré les fondateurs de la cité. Gamla, dont il ne reste aujourd’hui que quelques vestiges archéologiques, est devenue synonyme de vins très appréciés en Israël et reconnus dans le monde entier. Situé à l’ouest du plateau du Golan, on peut accéder au site par Tibériade en contournant le lac vers le Nord-Est jusqu’au carrefour Maale Gamla. Il faut emprunter la nationale 869 jusqu’au carrefour Dalyot, puis la 808 vers Katsrin.

    La Grande Révolte En -63, avec l’arrivée de Pompée, la Judée devient une province romaine. En -66, après les persécutions des empereurs successifs, le peuple juif, bien que largement divisé (pharisiens, saducéens, esséniens), parvient à s’accorder sur une politique commune de révolte afin de recouvrer son indépendance, région par région. Pour la Galilée, le Sanhédrin confie les opérations militaires à un officier d’une trentaine d’années, issu d’une famille de grands prêtres hasmonéens : Joseph ben Mattathias ou, en latin, Flavius Josèphe. Si ses aptitudes militaires comme chef de guerre ne sont mises en doute par personne – il a été formé à Rome et est au fait des dernières stratégies militaires –, il suscite toutefois la méfiance en raison de ses relations étroites avec l’ennemi. Les forces engagées par les Romains, menées par Vespasien et Titus, sont considérables. Trois légions romaines appuyées par vingt-trois cohortes et six régiments de cavalerie, soit environ soixante mille hommes, débarquent en Galilée par la Méditerranée avec pour objectif final Jérusalem.

    La bataille de Gamla La plupart des villages de Galilée sont désertés, outre Tibériade, Iotapata, Guischala et Gamla. Après la chute d’Iotapata et la reddition de Joseph ben Mattathias, plus rien n’empêche l’armée romaine, à l’automne -67, de déferler sur Jérusalem, à l’exception des neuf mille insurgés retranchés sur le petit piton rocheux de Gamla… Gamla va alors être le cadre d’affrontements sanglants entre les légionnaires romains et les révoltés. Sa configuration en rend le siège impossible, le remblai monté par les Romains à cet effet est parfaitement inutile, de même que les pourparlers engagés afin de négocier une reddition de la ville qui permettrait à l’armée de poursuivre son avancée vers le sud. Très rapidement la dixième légion bouche les citernes d’eau et les crevasses, avant de lancer un premier assaut qui échoue. Toutefois, la seconde tentative des Romains entraîne une fracture du mur d’enceinte en trois endroits par lesquels les soldats s’engouffrent. Les défenseurs sont en infériorité numérique, mais les assaillants, bien qu’ayant pénétré les fortifications, se trouvent en contrebas à découvert, à la merci des tirs de projectiles des assiégés. En désespoir de cause, les Romains tentent de se mettre à l’abri dans les habitations abandonnées – qui s’écroulent sur leurs occupants, provoquant une avalanche qui causera de nombreuses pertes parmi les légionnaires, et stoppera leur avancée pour un moment. Finalement, la ville sera prise par la ruse. Puisque toute avancée est décelée par les guets postés par les Juifs, les légionnaires, aidés par le mauvais temps, entreprennent la percée d’un tunnel destiné à prendre les sentinelles à revers. La manœuvre est un succès, supprimant tout espoir de victoire aux assiégés, qui préfèrent se donner la mort plutôt que de tomber aux mains de l’ennemi. Flavius Josèphe a estimé dans son ouvrage Bellum Judaicum (La Guerre des Juifs) le nombre de suicidés à environ cinq mille hommes, femmes et enfants. Ainsi est tombé le dernier bastion sur la route de Jérusalem, dernier garant de l’intégrité du Temple qui sera détruit dans les circonstances que l’on sait.

    Les vestiges Gamla restera enfouie sous les décombres pendant mille neuf cents ans très exactement. Après la guerre des Six Jours, Israël retrouve sa souveraineté sur les hauteurs du Golan, permettant l’identification de la fameuse « bosse de chameau ». Ce n’est toutefois qu’en 1976 que l’archéologue Shmarya Gutman procède à des fouilles, et réussit à mettre au jour des vestiges remarquables qui ont permis de reconstituer l’histoire de Gamla. Gutman découvre des milliers de pointes de flèches et de projectiles, des pièces de monnaie frappées par les rebelles portant l’inscription : « Ligueoulat yeroushalaim hakedosha », « Pour la rédemption de Jérusalem la sainte ». La synagogue de Gamla est l’une des premières du monde datée de l’époque hérodienne, alors que le Temple de Jérusalem existait encore. Il s’agissait d’un lieu de rassemblement (beit knesset) où se déroulaient des lectures publiques de la Torah. Le bâtiment comprend une salle principale et un portique, ouvert en façade par une colonnade. Les colonnes des coins sont sectionnées en forme de cœur, détail architectural fréquent dans les synagogues de Galilée. Un mikvé (bain rituel juif) a également été découvert près de la synagogue, ainsi que des pressoirs à olives. On sait depuis le XIXe siècle que la région de Gamla constitue l’habitat de plusieurs espèces de rapaces, aujourd’hui menacées d’extinction. La mise en place d’une réserve – la plus grande d’Israël – fournit aux visiteurs un point d’observation privilégié des vautours et aigles qui survolent le site. À noter également : la grande cascade de Gamla, d’une hauteur de 50 m. En attendant, vous pourrez toujours déguster une bouteille de l’excellent Gamla cabernet sauvignon ! Ne manquez pas la pièce antique qui orne la bouteille, comme chaque bouteille de la série, celle-là même qui fut frappée il y a si longtemps et qui est devenue aujourd’hui le symbole d’un combat héroïque… et d’un vin non moins fameux.

    March 16

    Rabbin Josy Eisenberg : "Théologiquement, le peuple juif n'a aucune légitimité au regard de l'islam"

     
    "(...) Dans l'islam, les choses sont différentes. Il ne s'agit pas (ndlr : comme dans le christianisme) de substitution, mais tout simplement de dépossession. La Bible juive - surtout la Torah - est considérée comme un texte musulman que les Juifs auraient falsifié en donnant au patriarche Ibrahim le nom d'Abraham et au serviteur d'Allah - Daoud - le pseudonyme de David. Heureusement, bien que fréquemment stigmatisés dans le Coran - tout comme les Chrétiens - les Juifs furent considérés par l'islam comme le Peuple du Livre. Ils bénéficièrent par conséquent de la législation du dhimmi : la protection naturelle que l'hospitalité islamique accorde aux faibles et aux sans droits. Au passage, rendons-lui l'hommage qu'elle mérite. Mais pratiquement exclus de l'histoire, les Juifs ne présentaient aucun danger pour l'islam. D'ailleurs, même en Occident, ils étaient méprisés et diabolisés.
     
    Mais voici que deux évènements de taille se sont produits dans la seconde moitié du XX ème siècle, et quasi concomitamment. D'une part, après la Shoah, l'Eglise a mis un terme à la diabolisation des Juifs et a rejeté la caducité du judaïsme. D'autre part, les Juifs sont revenus en force dans l'histoire avec la création de l'état d'Israël, faite au demeurant au détriment de populations arabes. Des dominés devenus dominants : c'est la fameuse "humiliation" arabe s'ajoutant à celle de la colonisation. Mais il y a d'avantage. Une question se pose, même si elle ne semble guère avoir troublé les thélologiens de l'islam. Le sionisme est-il simplement un simple retour - retournement - de l'histoire, ou un retour en grâce ? Volonté des hommes, ou dessein divin ? C'est que les faits sont têtus. Et si Ibrahim s'était vraiment appelé Abraham ?
     
    Bien entendu, un esprit cartésien a du mal à croire qu'un texte hébraïque daté d'au moins dix-sept siècles avant Mahomet puisse être crypto-musulman. Mais le fait est là : des centaines de millions de croyants adhèrent à ce que l'on peut pour le moins qualifier d'étrange théorie. Et c'est le fond du problème : thélologiquement, le peuple juif n'a aucune légitimité au regard de l'islam."
    Rabbin Josy Eisenberg,
    "Information juive", janvier 2009

    Rabbi Aviner supports importation of Breslov grave

     

    Zionist-Religious leader says Rabbi Nachman of Breslov desired burial in Israel, therefore supports petition calling on gov't to import his bones

    Kobi Nahshoni

    The Breslov Hasidic camp is currently promoting the importation of the bones of their founding leader, Rebbe Nachman of Breslov, and one of the senior rabbis of the Religious-Zionist movement has joined the struggle.

     

    More From the Rabbi
    Rabbi Aviner refers to Baruch Goldstein as saint  / Tzofia Hirschfeld
    Asked by a reader whether Jewish doctor who murdered 29 innocent Palestinians erred, Zionist rabbi says answer is 'complicated'
    Full Story
    Rabbi Shlomo Aviner, who has previously opposed the Jewish New Year's Eve trend of massive prostration on the Rebbe's grave in the Ukrainian town of Breslov, has expressed his support for a petition being circulated by the Hasidic community, which calls on the government to bring the holy site to Israel.

     In an article published by the 'Maayanei Hayeshua' organization Aviner writes: "Is Rabbi Nachman a lesser (man) than many leaders of Israel whose bones have been transferred to Israel? Of course not! He is more so, because many times he said that his true place was in Israel."

     The rabbi claimed that Nachman had desired to be buried in Israel, "and if the will of Rabbi Nachman was that people would come to visit his grave, of course his will could be carried out with more enthusiasm in the Land of Israel."

     Regarding the issue of the transfer of graves, which carries many halachic limitations, the rabbi determined that if the graves are transferred to Israel the move is considered a mitzvah.

     He explains that according to Rabbi Moses Maimonides, burial in Israel accomplishes atonement for the sins of the deceased, and thus "Rabbi Nachman will benefit from this".

     In conclusion, Aviner recommends that the reader sign the Hasidic petition, and explains that the move "will also save one from leaving Israel for an impure land, which is known as a halachic problem."

     He adds, "It will also save the wealth of Israel, which can be given to charity, which saves lives. Therefore it is a doubled mitzvah to bring Rabbi Nachman's bones to Israel, as was the process with many great and holy (people)."

     The "Petition of Millions" calls on the government to import the grave to Jerusalem as part of the "fulfillment of the prophecy of world peace and to assist the arrival of salvation."

     According to the petition, the importation of the grave will bring salvation to the world in the fields of security and economics, and will prevent the occurrence of a third world war.

    March 13

    Une baronne prend la défense d’Israël à la Chambre des Lords

     
    Mes respects !
     
    « Monseigneur, j'ai entendu récemment un discours du Président israélien Pérès. Il disait : qui, il y a 50 ans, eût imaginé que l'empire soviétique aurait cessé d’exister, que le régime sud-africain de ségrégation aurait été démantelé et que Mandela serait devenu président devenu ; que le mur de Berlin aurait été abattu et qu'il y aurait un président noir à la tête de l'Amérique ? Nous devrions, a-t-il dit, nous projeter aujourd’hui cinquante années dans l’avenir dans le même esprit. C’est sur cette note optimiste que je veux commencer, parce que je crois que si nous patientons aussi longtemps – bien sûr, au-delà du temps de notre vie – les choses iront mieux. Je veux y insister, parce qu'inévitablement une grande partie de mon discours sera plutôt sombre.
    Personne ne peut accuser cette Chambre de ne pas se focaliser sur la situation affligeante à Gaza. Ces 12 mois écoulés, il y a eu 161 questions et rapports à propos d'Israël, de Gaza et des Palestiniens, contre 33 à propos du Sri Lanka et 24 à propos du Tibet. Je mentionne le particulièrement le Sri Lanka parce que les nobles Lords sont au courant de ce qu’il y a eu récemment une protestation qui a fait salle comble au Parlement à propos des attaques terribles contre les Tamils, du siège des hôpitaux, du massacre de 70.000 personnes et de l’emprisonnement et la déportation d’un nombre encore plus grand de gens. Ceci a entraîné peu de stigmatisation du Sri Lanka et ne lui a pas valu d’appels à effacement de la carte ni à des représailles brutales.
     
    Je soulève ce point parce que je m’intéresse à la focalisation particulière sur le Moyen-Orient qui s’exprime dans ce pays. Une des raisons – mais pas la seule – c’est que la guerre à Gaza n'a pas été vue en perspective, mais seulement comme un petit fragment de ce qui est, en réalité, une image plus large... Il y a une guerre plus vaste, dont Israël et Gaza sont des figures de proue, et il y a également une guerre civile. Les discussions sur ce qui est proportionnel - je préfère le mot "nécessaire" doivent être placées dans le contexte d’une riposte à une attaque du Hamas, dont le but n’était pas seulement de lancer des missiles sur Israël - 5,000 d’entre eux visaient délibérément les civils et les écoliers israéliens, à 7,45 du matin – mais d’en finir avec l’Etat d'Israël.
     
    Le Hamas s'est engagé à mettre en place un Etat islamique dans la bande de Gaza, en Cisjordanie et en Israël, en tant que partie d’un empire islamique plus vaste. 20% de la population d’Israël est arabe, mais pas un juif ne sera autorisé à vivre dans cet Etat islamique. Il est facile d’imaginer le sort qui attend les millions d'Israéliens, si cela devait arriver. En tout cas, la réaction d'Israël a été aussi retenue qu’il était possible. Nous devrions rappeler les précautions minutieuses prises par l'armée israélienne pour éviter, dans la mesure du possible, de nuire aux civils, en gardant présente à l’esprit l'utilisation faite par ses ennemis, des mosquées, des écoles et des hôpitaux, ainsi qu’il en a été question aujourd'hui […]
     
    Les accusations de "disproportion" n'ont pas été appliquées à d'autres guerres dont nous avons été témoins récemment: Kosovo, Géorgie, Irak, ou même Afghanistan, où des gens sont morts par milliers. En fait la retenue dont Israël a fait preuve pour tenter d'éviter les pertes civiles, lui a valu une certaine appréciation. Il y a aussi une guerre civile à Gaza, qui rend irréalistes les perspectives de paix. La dictature militaire [du Hamas] n'a rien fait pour protéger ses citoyens, mais elle a saisi l'occasion de la guerre pour éliminer plusieurs de ses adversaires politiques du Fatah. D'autres nobles Lords en ont évoqué de très cruels détails. Même M. Abbas, le Président de l'Autorité palestinienne, a déclaré:
     
    « Le Hamas a fait courir des risques au sang palestinien, à leur destin, à leurs rêves et à leurs aspirations à un Etat palestinien indépendant. »
     
    La guerre plus large vise à la destruction d'Israël, et ceux qui critiquent l'attaque d'Israël contre Gaza doivent se rendre compte qu'ils apportent inconsciemment de l’aide à ce dessein.
     
    La Syrie, le Hezbollah au Liban, et le Hamas, ont tous en commun le même but, qui est la destruction totale d’Israël, et, en effet, le Hamas a remercié l'Iran de son appui dans la guerre de Gaza. Comme d'autres l’ont mentionné, le résultat a été que des juifs du monde entier en ont souffert. Les attaques contre les juifs qui ont eu lieu ici au Royaume-Uni et ailleurs confortent ma perception d'une guerre plus large. Ce ne sont pas des Israéliens, mais des juifs et des synagogues qui sont attaqués, à Londres et au Venezuela, dans les universités - pour leur honte - et dans les rues, avec Gaza comme excuse. Ce ne sont pas les juifs qui considèrent toute critique d'Israël comme de l’antisémitisme, ce sont certains critiques d'Israël qui laissent éclater leur mécontentement à l’encontre des juifs en général. La haine d'Israël, et parfois des juifs, est presque unique en politique internationale.
     
    Et puis, il y a la guerre de propagande. J’invite solennellement les nobles Lords à ne pas croire tout ce qu’ils lisent dans les journaux à propos des dégâts et des massacres à Gaza. Nous n'avons pas les preuves. Je cite juste un cas. Le massacre tragique des trois filles du respecté docteur Izzeldin Abu Elaish, de Gaza, semble, selon l'autopsie des restes de leurs corps, avoir été causé par des roquettes tirées de Gaza, et non par des tirs israéliens. [Hypothèse démentie depuis que Tsahal a établi, après enquête, que la maison du médecin avait été atteinte par un tir erroné de l’artillerie israélienne. (Note d’upjf.org)].
     
    Sur le front humanitaire, bien sûr, la situation s’est aggravée, parce que le Hamas voulait que des morts de civils profitent à son image mondiale et lui attirent la sympathie. L'aide humanitaire est un autre secteur où c’est la prise de position fausse et pessimiste qui a été adoptée. J'ai noté avec intérêt et approbation que la BBC avait refusé de passer à l’écran la publicité pour l'aide, et qu'elle a été soutenue en cela par sa propre section de l’Union Nationale des Journalistes. Il n'est pas très bon d’entendre parler d’un lobby sioniste et de juifs émettant des propos agressifs et semant l'inquiétude aux Etats-Unis, quand on voit combien ils sont peu nombreux. L’Agence des Nations Unies pour le Bien-Être et le Travail des Réfugiés (UNRWA) a un budget énorme.
     
    Nous ne savons toujours pas ce qu’il est advenu des millions qu'Arafat a détournés et dont il a emporté le secret dans la tombe. Nous notons la non-assistance à leurs frères, de la part d'autres pays arabes.
     
    Les revenus pétroliers des Etats du Golfe en 2008 ont été de 562 milliards de dollars ; et les 260 milliards de revenu pétrolier quotidien de l’Arabie Saoudite feraient merveille pour la Cisjordanie et Gaza, mais rien de tel n’est en vue.
     
    Sur le front humanitaire, ces derniers jours, la Cour suprême d'Israël, dont la fermeté est connue, a examiné l'application des conventions de Genève sur le droit humanitaire et a estimé qu’elles n’avaient pas été enfreintes. D'autres pays arabes non seulement n'ont pas aidé les Palestiniens, mais leur ont littéralement tourné le dos, comme on peut le lire à propos de la Syrie dans le Times d’aujourd'hui.
     
    Qu’en est-il de l’avenir ? Gaza aurait pu avoir un avenir. Tous les soldats et les civils israéliens en sont partis. Tout était prêt, il y a quelques années, pour que les habitants de Gaza inaugurent une nouvelle ère de développement économique. Il n'y avait aucun blocus, et il reste vrai que l'Egypte pouvait ouvrir son point de passage si elle le voulait. Bien entendu, elle ne le veut pas, parce que, pas plus qu’Israël, elle ne veut d’un Etat iranien à sa frontière. Au lieu de cela, il y a eu les missiles et les tunnels, et la triste destruction des serres où des fleurs et des fruits étaient cultivés [par les Israéliens et auraient pu continuer à l’être.
     
    Que peut faire le Royaume-Uni ? Il peut soutenir l'Egypte, qui se comporte très bien dans cette crise, même si c’est par souci de sa propre survie. Il peut contribuer à empêcher le Hamas de faire passer plus d’armes en contrebande par la mer.
     
    Il peut faire pression pour la libération de Guilad Shalit, qui est otage à Gaza depuis plus deux ans et demi, sans que ni la Croix-Rouge, ni quelque autre agence internationale puissent lui rendre visite. Il peut persuader le Hamas de modifier sa charte et d’enlever la mention de la destruction [d’Israël].
     
    Mais, par-dessus tout, vos Seigneuries, vous pourriez prêter votre voix pour que soit mis un terme à la diabolisation d'Israël et que s’apaise la flambée d’antisémitisme. Vos Seigneuries devraient reconnaître le droit d’Israël à l’existence et sa légitimité. Il n'est pas plus 'arriviste' au Moyen-Orient que les 22 autres Etats arabes qui s’y trouvent. Une nouvelle élimination de six millions de juifs ne peut avoir lieu au Moyen-Orient. Nous ne devons rien faire pour alimenter la haine qui entoure ce problème, et nous devons tout faire pour regarder vers l’avenir. »
     
    Menahem MACINA

    Opération secrète : arrivée d'une famille juive du Yémen en Israël

     
    Après qu'une grenade ait été lancée sur sa maison, Saadia Ben-Yisrael décida qu'il était temps pour lui et sa famille de quitter la ville de Raida, siruée au nord-ouest du Yémen, pour Israël. 

    Dans le monde entier, la communauté juive est de plus en plus concernée par la montée de la vague d'antisémitisme. Pour la famille de Saadia Ben-Yisrael  au Yémen, la grenade qui a traversé sa maison familiale était un point de non retour. 

    Sous le couvert du secret, un groupe composé de dix Juifs, dont neuf appartenant à la famille Ben-Yisrael, a quitté leur patrie arabe pour Israël.

    Saadia, sa femme et leurs sept enfants ont atterri à Tel-Aviv jeudi 19 février après-midi. Ils ont attiré toute l'attention des médias qui les ont accueillis à leur nouveau domicile. Les représentants de l'Agence juive les attendaient aussi. Ils avaient organisé le pont aérien clandestin.

    Saadia est un membre important de la minuscule communauté juive du Yémen. Il déclara : "des membres ultra-orthodoxes antisionistes de Neturei Karta ont tenté de me dissuader de faire l'Alya. Mais je suis très heureux de venir en Terre sainte avec ma famille". 

    Les enfants sont âgés de 1 an à 12 ans. Ils restent accrochés à leur mère et laissent paraître un sourire poli  au milieu de l'agitation. Deux des garçons, Menahem 6 ans et Yehoshua 8 ans, sont particulièrement joyeux. Ils chantent des chansons en hébreu devant les caméras, récitent l'alphabet et bénissent les bonbons qu'ils reçoivent.

     Le dixième membre du groupe de Yéménites est diplômé  et a été félicité par la ville de Raida. Le groupe va habiter dans un centre de l'Agence juive à Beersheva. 

    Ces nouveaux israéliens ont été accueillis par le Rabbin Moshe Tenami de Reshasim, qui a aidé de nombreuses années à faire venir les Juifs du Yémen en Israël. Tenami a fait des efforts pour maintenir secret  l'identité des immigrants  et les informations relatives aux prochains départs.

    "Ils sont actuellement en grand danger, il n'y a pas longtemps quelqu'un a été assassiné. Ils sont en danger réel, nous savons à qui nous avons à faire" dit le Rabbin.

    La famille Ben-Yisrael est parti de Raida pour la capitale du Yémen Saana et de là-bas pour Israël, avec l'aide l'Agence juive et de la Fédération juive yéménite d'Amérique.

    Ezra Tzubari, le cousin de Saadia Ben-Yisrael, espère que la décision de sa famille encouragera les autres à faire de même".

    "Aux personnes encore au Yémen qui sont aussi en danger, venez ici juste pour voir ce monde complètement différent".

    Seuls 280 Juifs vivent encore au Yémen aujourd'hui. La plupart d'entre eux,  soit 230 personnes, résident à Raida. Le reste est à Sanaa la capitale du Yémen.   

    Où se trouve vraiment le Tombeau de Mordekhaï et Esther ?

     

     


    Le tombeau d'Esther et Mordekhai

    Il y a quelques mois, le régime iranien pourtant généralement hostile au judaïsme a ajouté un site saint juif à sa liste de Monuments historiques nationaux. Le 9 décembre 2008, la presse iranienne a annoncé que le Tombeau de Mordekhaï et Esther, les héros de la fête de Pourim, jouirait maintenant d’un statut officiel et serait placé sous la protection et la responsabilité du gouvernement iranien.

    Cette démarche a mis en vedette quelques temps un site cher aux Juifs iraniens, mais plutôt inconnu pour ceux des autres pays. Avec Pourim, célébré ces mardi et mercredi, il est intéressant de réfléchir un moment sur ce vestige du passé du peuple juif.

    Le mausolée abritant le Tombeau de Mordekhaï et Esther est en fait une structure en briques, toute simple et surmontée d’un dôme construit il y a cinq à sept siècles. Ce lieu saint est situé au nord ouest de la ville iranienne d’Hamadan, à environ 335 km à l’est de Téhéran. D’après la tradition, Hamadan est considéré comme l’emplacement exact de la ville de Chouchan, où se sont déroulés une partie des événements contés dans le Rouleau d’Esther.

    Au cours des âges, plusieurs voyageurs ont rapporté des témoignages sur ce site. Parmi eux, le célèbre voyageur juif du XXIIe siècle Benjamin de Tudèle.

    Les Juifs iraniens vénéraient ce Tombeau et nombre d’entre eux se rendaient à Hamadan pour y fêter Pourim et lire la Méguila (le rouleau d’Esther). D’autres y célébraient des bar-mitsvas ou des circoncisions.

    On affirme que l’entrée du site a volontairement été construite trop basse pour contraindre les visiteurs à baisser la tête en entrant, afin de les mettre dans une situation de respect. A l’intérieur du principal hall d’entrée, qui est orné d’inscriptions hébraïques, se trouvent deux grands coffrent en bois sculpté, sous lesquels reposent les dépouilles de Mordekhaï et Esther.

    Près du mausolée, on voit un gros trou dans le sol. Les Juifs iraniens croient qu’il s’agit de l’entrée d’un tunnel permettant de se rendre à Jérusalem.

    Il est cependant intéressant de remarquer qu’il y a une autre tradition, selon laquelle les tombes de Mordekhaï et Esther se trouvent à la périphérie du village de Baram en Haute Galilée, non loin de Safed. Le tombeau recouvert d’un tas de grosses pierres se trouve au cœur d’une forêt et n’est accessible qu’au bout de plusieurs minutes de marche.

    En 1215, Rabbi Ménahem HaHevroni écrit qu’en visitant la Galilée, il est passé devant la tombe de la reine Esther, “qui pendant sa vie a demandé à son fils Cyrus de faire venir ses restes en Israël.” D’autres pèlerins mentionnent le site et affirment que des festivités y avaient lieu à Shoushan Pourim.

    Après la libération de la région pendant la Guerre d’indépendance, un groupe de Juifs de Safed a recommencé les pèlerinages de Pourim sur le site et y a lu la Méguila.

    Bien qu’on ignore laquelle des deux traditions est la bonne, une chose est sûre : les actions de ces deux leaders du peuple juif ont imprégné la mémoire collective du peuple juif. Comme il est dit dans la Méguila (9, 28) : “de commémorer et de célébrer ces jours de génération en génération, dans chaque famille, dans chaque province et dans chaque ville, et de ne pas laisser disparaître ces jours de Pourim du milieu des juifs ni s’en effacer le souvenir du milieu de leurs descendants.”


    par Yael Ancri
    arouts sheva

    La Licra condamne des agressions verbales contre le rabbin de Nîmes

     

    Le rabbin de Nîmes a été la cible d'une série d'injures à caractère antisémite dans la nuit de vendredi à samedi alors qu'il rentrait à pied à son domicile, a annoncé mardi la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), dans un communiqué.

    Joint par téléphone, le rabbin a précisé à l'AFP qu'il avait été à huit reprises la cible d'injures antisémites lancées par des personnes circulant dans différentes voitures, alors qu'il rentrait chez lui à pied.

    Ces agressions verbales se sont répétées pendant une quarantaine de minutes, a ajouté le rabbin, qui n'a pas souhaité révéler son nom.

    Une bouteille a aussi été lancée dans sa direction, sans l'atteindre, a-t-il ajouté. Enfin, une voiture a ralenti à sa hauteur alors qu'il arrivait chez lui.

    Le rabbin a porté plainte, mais à ce jour aucun auteur de ces injures "n'a été identifié", a indiqué le procureur de la République de Nîmes, Robert Gély.

    "La Licra est atterrée qu'un homme, de par son appartenance religieuse, puisse être aujourd'hui victime dans notre République", d'agressions à caractère antisémite, déclare l'association dans son communiqué.

    "Ces nouveaux actes démontrent les limites de la loi à endiguer la persistance de cet antisémitisme violent qui s'en prend aux juifs +visibles+ et qui fait honte au peuple français", déplore la Licra.

    Attali : L'antisémitisme précède l'existence de l'Etat d'Israël

     
    Le quotidien suisse Le Matin publie, mercredi 11 mars 2009, sur son site Internet, une interview de l'écrivain Jacques Attali. Extraits :
    « Pensez-vous que le conflit israélo-palestinien empêche actuellement d'être amoureux du peuple juif?
    Ça n'a absolument aucun rapport. C'est étrange que vous posiez cette question. C'est un conflit territorial entre deux nations. Ça n'a aucun rapport avec le judaïsme qui existe depuis 3000 ans et qui continuera à exister quoi qu'il arrive à Israël.
    L'intolérance actuelle n'est donc pas liée au conflit israélo-arabe?
    L'antisémitisme précède l'existence de l'Etat d'Israël. La Shoah a eu lieu avant la création de l'Etat d'Israël. »
     
     
     
    March 08

    Pourim

     
    La Méguila d'Esther
     
    Méguila complète à télécharger
     
     
    Pourim avec les 'Hassid de Loubavitch
    "Vayehi bimei A'hachvéroch", La joie de Pourim avec le Rabbi - Pourim 5732-1972
     

    Pensez maintenant

    Yanki Tauber
     

    Une des lois régissant la lecture de la Méguila est que « Celui qui lit la Méguila à rebours n’a pas rempli son obligation. » (Talmud, Méguila 17a). Le sens simple de cette loi est que le Livre d’Esther doit être lu dans l’ordre, non pas, par exemple, en commençant par le chapitre 10 pour finir par le chapitre 1.

    Rabbi Israël Baal Chem Tov (le fondateur du ‘Hassidisme, 1698-1760) enseigna la signification profonde de cette loi :

    Celui qui lit le Livre d’Esther « à rebours » – comme le récit d’un événement qui s’est déroulé il y a des milliers d’années – passe complètement à côté de l’idée de cette Mitsva. L’histoire que raconte la Méguila – celle de la main de D.ieu dissimulée à l’intérieur des événements les plus « circonstanciels », d’un peuple qui réveille son engagement intrinsèque envers D.ieu et qui tire de là la force de persévérer envers et contre tout – est l’histoire de nos vies quotidiennes, à toutes les époques et en toutes circonstances.


     
     
    March 06

    “Valse avec Bashir” : César du meilleur film étranger

     
     Source : Ambassade d’Israel en France

    Suite à la déception lors de la cérémonie des Oscar la semaine dernière, Ari Folman et son équipe d’animateurs sont rentrés vainqueurs à la maison vendredi en remportant le prestigieux César du meilleur film étranger.

    http://www.valseavecbachir-lefilm.com/

    valse avec bachir

    « Ce film a été fait avec beaucoup d’amour, de passion et de tolérance, je pense que si ce film est fait pour le cinéma, il est aussi fait pour la paix » a lancé Folman en recevant son prix, sur la scène du théâtre du Châtelet à Paris.

    « Le seul message de ce film : soyez tolérants, croyez en les autres, répandez l’amour et la paix, » a-t-il ajouté, sous les acclamations enthousiastes du public.

    Le film de Folman était parmi les favoris lors du festival de Cannes et a enregistré un beau succès avec 500,000 entrées rien qu’en France. Il a également reçu le Golden Globe en janvier.

    S’il a manqué l’Oscar du meilleur film étranger la semaine dernière, Folman et son équipe rentrent cette fois-ci vainqueurs chez eux : Ils ont remporté le césar du meilleur film étranger lors de la 34e soirée des César à Paris.

    Druzes dans Tsahal

     

    Soldats du bataillon druze "Herev" à l'entrainement


    «C’est moi, Yossi ! Le Druze qui sera bientôt officier dans les Golanis !»Youssef Muadi, 19 ans, avait passé la plus grande partie de la nuit du 2 au 3 janvier à faire le pitre et à chanter à tue-tête une chanson de son cru pour remonter le moral de ses camarades des troupes d’élite de l’armée israélienne. Nombre de jeunes conscrits de son unité, stationnés à la lisière de la bande de Gaza, n’en menaient pas large, quelques heures avant de pénétrer dans le territoire palestinien. C’est du moins le récit qu’ils en ont fait ensuite à Wafa, la mère de Youssef. Car le jeune homme a été tué deux jours plus tard dans la Bande.
    Sur les dix soldats de Tsahal morts lors de l’opération «Plomb durci», deux sont des Druzes. Parlant l’arabe, professant une foi issue d’un islam très hétérodoxe, les Druzes sont environ 120 000 en Israël, un Etat dont ils sont citoyens à part entière (lire ci-contre). Contrairement aux Arabes israéliens, ils sont soumis, comme les Juifs, au service militaire obligatoire. Ils sont nombreux parmi les soldats de carrière et les forces de police. C’est souvent, pour eux, un moyen de promotion sociale.

    Dans son modeste appartement de Haïfa, Wafa, la voix brisée, raconte : «C’était un rigolard, toujours enjoué, toujours à faire des blagues. Tout le monde l’aimait.»«Yossi aimait la vie, les filles, ses amis, le surf et la capoeira», ajoute son père, Samir. Une photo du jeune homme, look branché et yeux malicieux, a été accrochée sur le mur, au milieu du salon, avec la date de sa mort, le 5 janvier 2009. Youssef a été tué avec deux autres soldats de la brigade des Golanis, une unité d’infanterie réputée de Tsahal, lors d’un tir fratricide. Un char israélien a tiré sur une maison abandonnée dans le camp de réfugiés de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, ne sachant pas que des soldats se trouvaient à l’intérieur. «Au moment de l’explosion il s’est jeté sur son officier pour le protéger. Son officier l’adorait, il l’avait pris sous son aile. Il a été grièvement blessé dans l’explosion et m’a appelé de l’hôpital pour me dire que s’il avait un garçon, il l’appellerait Yossi», raconte Samir, utilisant le diminutif hébreu pour désigner son fils.

    Un pacte scellé en 1929

    Lorsqu’il a été envoyé à Gaza, le jeune homme avait entamé, depuis neuf mois, son service militaire obligatoire de trois ans. Il voulait absolument servir dans les Golanis, comme son père l’avait fait avant lui. «Depuis l’âge de 15 ans, c’était son rêve», raconte Wafa, qui est institutrice dans une petite ville druze voisine de Haïfa. Son père est d’ailleurs intervenu auprès d’une connaissance, un colonel druze. «Quand il revenait en permission à la maison, il faisait la tournée de ses copains jobnikim [le surnom donné aux jeunes effectuant leur service militaire dans des unités non combattantes, ndlr] et il se moquait d’eux. Dans le bus, en route pour Gaza, il m’a appelé et m’a dit : "Papa, si je fais pas le boulot, qui le fera ?"», se souvient Samir.
    «Nous sommes Israéliens. Israël est notre pays. L’identité druze est une appartenance individuelle, mais notre identité collective, c’est d’être Israéliens. C’est une tradition chez les Druzes d’être fidèles au pays dans lequel ils vivent», explique son épouse. Le plus jeune fils Muadi, Amir, 14 ans, a ainsi remporté il y a deux ans un concours national testant les connaissances des jeunes sur l’histoire de Jérusalem, devançant des centaines de candidats juifs. Samir travaille pour le gouvernement israélien comme coordinateur agricole avec l’Autorité palestinienne. Bien qu’arabe, il a adopté la ligne officielle de la majorité juive sur la lutte contre le terrorisme. «Nous ne nous battons pas contre le peuple palestinien, pas même contre l’Autorité palestinienne, mais contre des organisations fondamentalistes qui ne veulent pas de nous ici», estime-t-il, en faisant référence au but déclaré du Hamas de détruire l’Etat d’Israël.
    Youssef a été enterré à Yirka, dans le nord du pays, le foyer des Muadi - l’une des plus grandes familles druzes d’Israël. Construite il y a plus de trois siècles, la maison familiale y est toujours. «L’histoire de la famille est indissociable de celle d’Israël», explique Samir. L’arrière-grand-père de Youssef, Said Muadi, était ainsi l’un des leaders politiques de la communauté. En 1929, il signe un accord avec les responsables sionistes, marquant le début de l’alliance entre Druzes et Juifs contre la majorité arabo-musulmane de l’époque. Au moment de la création de l’Etat, en 1948, le Premier ministre David Ben Gourion a même rencontré les patriarches de la famille Muadi, raconte Samir avec fierté.
    «Israéliens de sang»

    A quelques kilomètres de Haïfa, dans le bourg druze de Daliat-al-Carmel, la vaste maison des Nasereldin bruisse des conversations chuchotées entre des membres de la famille et des amis venus présenter leurs condoléances suite à la mort de Lutfi. Officier de carrière âgé de 38 ans, il est le premier soldat israélien tué à Gaza, par un tir de mortier, au deuxième jour de l’offensive, le 29 décembre. Les doyennes de la famille, revêtues de la tenue traditionnelle de deuil, robes amples noires et foulards blancs, sont assises dans une pièce séparée, avec les enfants. Elles servent du thé à la menthe et du café turc aux visiteurs. Les hommes siègent dans de larges fauteuils alignés le long du mur d’un salon ovale. Le père de Lutfi, Wajiya, 64 ans, est assis à côté d’une photo de son fils, en uniforme, placée sur une table basse à côté d’un bouquet de fleurs séchées. L’imposant sexagénaire, qui parle d’une voix basse et retenue, est peu prolixe sur la personnalité de Lutfi. Il répète cependant à plusieurs reprises qu’il est très fier que son fils ait été tué en «défendant les localités israéliennes proches de la bande de Gaza qui ont souffert pendant huit ans des tirs palestiniens». «Nous sommes partie intégrante de l’Etat d’Israël, c’est notre pays, nous devons le défendre. Il n’y a pas de différence entre nous et les Juifs. D’ailleurs, ils ne cessent de venir nous voir pour nous présenter leurs condoléances», explique Wajiya, président du mémorial des soldats druzes tués au combat pour la région du Carmel et de la Galilée.

    Quelques jours après la mort de Lutfi, le président israélien, Shimon Peres, s’est rendu au domicile des Nasereldin. «Israël est fier de ses Druzes. Vous êtes des gens de paix qui savent aussi être des combattants courageux en temps de guerre», a dit le Président au grand-père de Lutfi, Amal, qui fut député du Likoud (droite) à la Knesset entre 1977 et 1988. Lutfi portait le prénom d’un de ses oncles, lui aussi officier de carrière, tué dans une opération militaire en 1969. Le service dans l’armée ou dans la police est une tradition familiale chez les Nasereldin. Une photo en noir et blanc de Wajiya, longues moustaches et uniforme, est accrochée dans l’entrée, souvenir de ses quinze années de service comme officier dans la police. Un de ses deux fils encore vivants, Shadi, 36 ans, a lui aussi fait carrière dans l’armée, dans une fonction qu’il préfère tenir secrète.
    «Même si notre langue maternelle est l’arabe, nous sommes exactement comme les Juifs, nous sommes Israéliens de sang, nous nous sentons très bien ici, en Israël. C’est notre pays», assure Hanan, la veuve de Lutfi, qui tient leur fille Asul, 5 ans, sur ses genoux. «Il y a deux ans, se souvient-elle, Lutfi avait été très fier de représenter l’unité des Golanis pendant la cérémonie du jour de l’indépendance [marquant chaque année l’anniversaire de la déclaration d’indépendance de l’Etat d’Israël le 14 mai 1948, ndlr], c’est lui qui tenait le drapeau de la brigade.»

    Delphine Matthieussent
    © Libération
    March 04

    Israël veut chanter la paix à l’Eurovision

     
    La décision d'Israël d'envoyer un duo de chanteuses, l'une juive, l'autre arabe, à l'Eurovision, le 16 mai prochain, fait polémique, informe le Monde du lundi 2 mars 2009. Achinoam Nini, plus connue en France sous le pseudonyme de Noa, sera sur scène avec Mira Awad, une actrice et chanteuse issue de la minorité arabe israélienne.
    Les réactions ont été très violentes, dans cette période de fortes tensions entre les deux peuples. Noa quant à elle insiste sur l'importance symbolique de cette initiative : "Certaines personnes vont voir une fille arabe, qui a l'air juive, et une fille juive, qui a l'air arabe. C'est ce que nous sommes. Peut-être que cela ouvrira les esprits de certains." La jeune femme, militante pour la paix, a pourtant été accueillie par des manifestants anti-israéliens lors de son dernier passage en Espagne. Ce sera la première fois qu'une Arabe israélienne représentera Israël à l'Eurovision. La communauté de Mira Awad a fortement critiqué son choix, particulièrement les artistes arabes israéliens, qui ont lancé une pétition. Selon eux, en envoyant une militante de la paix et une Arabe israélienne, l'Etat hébreu voudrait se donner une image qui ne correspond nullement à la réalité. Mohammad Bakri, acteur et réalisateur et signataire de la pétition a expliqué : "Je ne veux pas que Mira soit utilisée. Ce n'est pas un grand honneur de représenter Israël à l'heure actuelle à l'Eurovision. C'est une honte, selon moi." Le Figaro explique que Mira Awad a été accusée de "cautionner la machine de propagande d'Israël pour dissimuler les crimes commis dans la bande de Gaza". Ce n'est pourtant pas la première fois que les deux artistes se retrouvent. Elles avaient déjà interprété ensemble "We Can Work it Out", des Beatles.
    Photo : D.R.
     

    Rapport du SPCJ sur les actes antisémites en 2008 et en janvier 2009

     
    Le SPCJ a rendu public lundi 2 mars 2009 son rapport annuel sur l’antisémitisme en France pour 2008, et un bulletin spécial pour le mois de janvier 2009. Ces documents ont étés remis aux invités du diner du CRIF. Le rapport indique que 352 actes antisémites ont été recensés entre le 1er et le 31 janvier 2009. En 2008, 474 actes avaient été comptabilisés pour toute l’année, et 473 en 2007.
    Dans le document complet, on trouve notamment des chiffres et des statistiques, des extraits de la liste générale des actes antisémites recensés par le SPCJ et des extraits des procédures judiciaires et condamnations, ainsi qu’une longue interview de Marc Knobel, chercheur au CRIF, sur la diffusion de la haine sur Internet. Le SPCJ présente également dans ce rapport une étude du Centre de Recherche et de Documentation sur l’Antisémitisme (CRDA) sur les dérives de la mobilisation en faveur de la Palestine en janvier 2009 ainsi qu’une analyse de Jacques Tarnero, ancien chercheur au CNRS, sur l’antisémitisme en France.
     
    L’ensemble de ces documents peuvent être consultés et téléchargés sur  www.spcj.org
     

    Discours du premier ministre François Fillon au diner du CRIF 2009

     
    Ci-après l'intégralité du discours du premier ministre François Fillon, lors du dîner annuel du CRIF, le 2 mars 2009.
     
    "Monsieur le Président,
     
    Mesdames et Messieurs,
    Le dîner annuel du CRIF constitue un événement exceptionnel parce qu'il existe entre la République et la communauté juive de France un lien indissociable.
    Il y a un fait qui m’a toujours personnellement ému. Tous nos concitoyens connaissent tous le colonel Alfred DREYFUS, victime de la fureur antisémite. Mais bien peu connaissent son fils Pierre et ses neveux Emile, Maurice et Charles.
    Moins de dix ans après la réhabilitation de DREYFUS, ces jeunes gens étaient engagés dans l’armée française – celle-là même qui avait accablé et proscrit leur parent. Fidèles à la nation, ils gagnèrent le front. Trois des quatre y moururent.
    Leur jeunesse brisée mais si courageuse éclaire, à mes yeux, la force du pacte qui nous rassemble.
    L’an dernier, le Président de la République, a tenu à reconnaître l’importance de l’engagement et de la réflexion collective qui se manifestent ici par un discours ambitieux, dont vous avez salué la force.
    Vous comprendrez que je sois honoré de m’exprimer à mon tour devant vous.
    Je le suis d’autant plus que la crise mondiale accroît l’inquiétude diplomatique, excite l’agressivité de groupes extrémistes, rend à l’exclusion et au repli sur soi un attrait dangereux.
    L’histoire nous l’enseigne: toute crise économique ravive des pulsions violentes contre lesquelles la République doit nous prémunir.
    Cette crise ne doit pas éveiller en nous la violence, l’égoïsme le populisme.
    Je viens devant votre assemblée avec une question simple en tête : quelles doivent être les valeurs d’un pays en crise ?
    Quelles sont les vertus qui, au plus dur de l’épreuve, restent capables de nous souder contre la peur, contre la haine contre la division ?
    J’ai entendu Richard PRASQUIER apporter plusieurs réponses dans son discours.
    Vous me permettrez d’y ajouter les miennes.
    Ma première certitude, c’est qu’aux côtés des mesures prises pour soutenir l’emploi, pour défendre nos entreprises, pour relancer l’investissement, pour sécuriser notre système bancaire, nous devons être animés par un véritable esprit de civisme !
    Le civisme, c’est le courage de donner à son pays autant que l’on reçoit de lui.
    Le civisme, c’est avoir la capacité à ne pas aiguiser inutilement nos légitimes différences politiques ou intellectuelles.
    C’est, en somme, l’aptitude à se rassembler autour des enjeux essentiels.
    Si chacun joue contre l’autre, si chacun se met en quête d’un coupable, si chacun se replie sur ses intérêts catégoriels, si chacun réclame toujours plus alors que l’Etat est à la limite de ses moyens, si chacun cède à la peur des adaptations au lieu de s’en saisir, alors la France affrontera de grands périls.
    Dans l’épreuve, nous sommes tous comptables de l’intérêt national.
    Dans cet esprit, j’invite la majorité et l’opposition à débattre de façon constructive.
    J’invite l’Etat et les collectivités locales à joindre leurs efforts.
    J’invite patronat et les syndicats à trouver les voies du consensus partout où cela est possible, parce que, plus que jamais, nous devons trouver des compromis entre l’efficacité économique et la solidarité sociale.
    Je sais naturellement les doutes et les inquiétudes des Français.
    Je sais que leur vie quotidienne est rendue plus difficile par la crise, et ce n’est donc pas sans gravité et sans humilité que j’appelle au courage et au sang froid de tous.
    Ma deuxième conviction porte sur la nécessité absolue d’être lucides face au brouillage des idées et des principes.
    La réalité de la crise est trop sévère pour laisser tout faire et tout dire !
    Je pense ici aux revendications irréalistes qui semblent ignorer totalement la crise; je pense à ces déclarations intempestives où l’on voit poindre la recherche de boucs émissaires; je pense aux appels, parfaitement anachroniques, au repli national; mais je pense aussi aux manoeuvres d’une extrême gauche à qui la démagogie ne coûte rien.
    Face à une société en proie au doute, le devoir du gouvernement est de tenir sur des principes. Il est aussi de repousser les surenchères qui risquent de gâcher les conditions du redressement de notre pays.
    Nous avons le devoir de tenir le discours de la raison et de la vérité.
    Nous avons le devoir de faire preuve du courage de l’intelligence, dont je sais que la communauté juive est familière.
    L’action du CRIF – né de la guerre, et marqué par elle – est un des meilleurs arguments pour montrer qu’en temps d’épreuve, les leçons de l’histoire sont indispensables.
    Si je parle des leçons de l’histoire, c’est parce que j’ai vu l’effort nécessaire pour que la crise de 2009 ne reproduise pas la crise de 1929, et pour que les mêmes dérives financières ne produisent pas les mêmes désastres politiques et moraux.
    Mais c’est aussi parce que j’ai entendu les mises en garde du président du Crif et les préoccupations grandissantes que la situation internationale vous inspire.
    Il y a d’abord les événements de Gaza qui ont brutalement miné les espoirs de paix entre Israël et la Palestine.
    Pendant des semaines, des innocents ont été victimes des tirs de roquettes du Hamas, comme des bombardements qui leur ont répondu.
    Hier et avant-hier, onze roquettes se sont encore abattues sur Israël et c’est un miracle si aucune victime n’est à déplorer.
    Ceux qui se plaisent à donner des leçons de conduite à Israël ne doivent pas oublier la violence haineuse qui anime les extrémistes !
    Israël, un État libre un Etat démocratique, a vu la moitié de son territoire paralysée, ses écoles fermées, ses transports interrompus, ses entreprises arrêtées par la proximité de la menace.
    Nous ne pouvions pas nous résoudre à cette situation.
    Et nous ne pouvons pas nous résoudre à une instabilité qui alimente la propagande des extrémistes, qui fragilise les pays arabes modérés, qui remet en cause les négociations en cours et qui éloigne la perspective d’un accord de paix fondé sur la coexistence pacifique de deux États.
    Dès le début de la crise à Gaza, nous avons condamné les tirs de roquettes, et dénoncé la responsabilité du Hamas - et je dirais même sa culpabilité ! - dans l’interruption de la trêve.
    Nous avons redit que la communauté internationale ne dialoguerait pas avec le Hamas, tant qu’il ne se serait pas engagé lui-même sur la voie de la paix, de la négociation et de la reconnaissance d’Israël.
    Mais nous nous sommes aussi autorisés de notre amitié avec l’État hébreu pour lui dire nos doutes et nos désaccords.
    Cette amitié qui est renforcée par la visite qu'a effectuée le Président de la République en Israël et par son discours historique devant la Knesset nous autorise à parler avec franchise avec les autorités israéliennes.
    La France ne peut accepter et n’acceptera jamais que l’existence d’Israël soit menacée!
    Mais elle ne peut approuver l’intensité d’une opération militaire qui conduit à une situation humanitaire catastrophique, sans pour autant garantir la sécurité du pays.
    Au premier jour de la crise, le Président de la République s’est engagé à chercher une issue au conflit, dans un esprit d’équilibre et de justice.
    Il a pris la décision - et le risque - si l'on en juge par les commentaires qui ont suivis ce déplacement, de se rendre dans la région.
    Il s’est mobilisé pour obtenir l’arrêt des violences dans le cadre de l’initiative franco-égyptienne d’abord, puis ensuite pour consolider l’actuel cessez-le-feu.
    Les paramètres de cette consolidation sont connus: l'action humanitaire, l'arrêt total des trafics d’armes, la réouverture permanente de Gaza, la reconstruction et la réconciliation inter palestinienne.
    Aujourd’hui même, Nicolas SARKOZY a animé avec le Président MOUBARAK, la conférence internationale pour la reconstruction de Gaza.
    Depuis le premier jour, il a agi pour obtenir la libération de notre compatriote, Gilad SHALIT. Je le cite ce matin à Charm el-Cheikh, nous n'accepterons pas que sa vie soit mise en danger, sa libération en échange de celles des prisonniers palestiniens est pour la France une priorité.
    J’ai parlé tout à l’heure du devoir d’être lucide. Le conflit de Gaza, et son bilan dramatique, montrent une fois de plus qu’il n’y aura pas de solution militaire au conflit israélo-palestinien.
    Le peuple israélien a le droit de vivre en sécurité dans des frontières reconnues et garanties.
    Ce droit si légitime n’est pas négociable !
    Pour sa part, le peuple palestinien a droit à un État indépendant, à un Etat viable, à un Etat souverain et à un Etat démocratique. Seule l’installation d’un État palestinien modéré pourra étouffer le brasier de l’extrémisme. C’est la condition de la sécurité d’Israël. Et c’est la condition de la prospérité du peuple palestinien.
    Aujourd’hui, monsieur le président, mesdames et messieurs, de nouvelles circonstances peuvent contribuer à un règlement définitif et elles doivent être saisies.
    Il y a l’engagement du Président OBAMA.
    Il y a l'effort renforcé de l'ensemble des pays européens, et vous savez que la France elle-même a indiqué qu'elle était prête si un accord était dessiné, à mettre en oeuvre tous les moyens y compris ses forces pour en garantir la mise en oeuvre et la réussite. Il y a l’arrivée prochaine d’un nouveau Premier ministre en Israël qui a le devoir de trouver avec l’autorité palestinienne les voies d’un compromis juste.
    Et puis, il y a l’Union pour la Méditerranée qui offre à moyen terme une perspective de développement partagé que nous avons le devoir de porter avec résolution.
    Pour plaider le dossier de la paix, le Président de la République a proposé de tenir dès le printemps un sommet d’impulsion.
    Son objectif est de relancer le processus de paix israélo-arabe et de rassurer les parties sur les garanties internationales qui seront apportées à leurs efforts, en cas de concessions.
    Bien sûr tout doit se formuler ici avec prudence. Vous savez que 2009 peut être également l’année de la paix entre Israël, la Syrie et le Liban. Nous avons pris le risque réfléchi de dialoguer avec Damas, dont la contribution à l’équilibre de la région peut s’avérer décisive.
    Des négociations indirectes se sont engagées entre Israël et la Syrie.
    Au Liban, ce dernier pays a fourni les premiers gages d’une évolution positive, en ouvrant la voie à une sortie de crise tracée par l’accord de Doha.
    Il y a ensuite la question iranienne.
    Depuis 6 ans la communauté internationale cherche à résoudre par la négociation le grave problème de prolifération posé par l'Iran.
    Six ans de négociations sans complaisance.
    Parce que l’acquisition d’une capacité nucléaire militaire par l’Iran reste purement et simplement inacceptable.
    Parce que les missiles iraniens, dont la portée progresse régulièrement, constitueraient une menace directe pour Israël, pour le Moyen-Orient, mais aussi pour l’Europe. Parce que nous n’imaginons pas de laisser accéder à l’armement nucléaire un pays dont le président appelle à la destruction d'Israël et met en cause la Shoah !
    Aujourd’hui, l’Iran continue d’accélérer sa production d'uranium enrichi, sans aucune justification civile.
    L’Agence Internationale de l’Energie Atomique, puis le Conseil de sécurité, ont demandé à l’Iran de suspendre ces activités, de coopérer sans réserve avec les inspecteurs de jouer cartes sur table pour rétablir la confiance dans son programme nucléaire. Des propositions constructives ont été faites. Les Iraniens ne les ont pas saisies. Ils ne nous ont pas laissé d’autre choix que d'accentuer notre pression sur Téhéran.
    L’an dernier, le Conseil de sécurité de l’ONU a voté une troisième résolution de sanctions. La France fait tout pour que la cohésion reste entière, au sein de l'Union Européenne, et entre les pays déterminés à refuser une politique du fait accompli. Les entreprises n'ont d’ailleurs pas besoin de sanctions pour comprendre qu'il va contre leur intérêt de travailler en Iran, c'est-à-dire de voir leurs noms associés à la prolifération nucléaire, et aux menaces contre Israël.
    Une perspective s’ouvre dans ce dossier, avec l’arrivée à Washington d’une nouvelle administration, qui s'est dit prête au dialogue direct avec l’Iran.
    A Téhéran même, la crise internationale, la baisse du prix du pétrole, l’accumulation des sanctions doivent pouvoir peser sur la politique iranienne. Une partie de la société civile est lasse de l’isolement auquel ce régime la condamne.
    Nous comptons que les autorités iraniennes consentent enfin au dialogue et respectent enfin les résolutions du Conseil de sécurité. Notre offre de coopération est toujours sur la table. Il incombe à l'Iran d’y souscrire.
    Un mot, enfin, sur une échéance proche.
    En 2001, la Conférence internationale sur le racisme de Durban a été l’occasion d’attaques honteuses et inacceptables contre l’État d’Israël.
    En avril prochain, se tiendra à Genève la conférence de suivi.
    Je sais que l’événement vous inspire des inquiétudes légitimes.
    Je peux vous assurer que si la France participe à ses préparatifs, elle le fait aussi dans l’esprit le plus exigeant.
    Notre détermination à combattre l'antisémitisme en France se double d’une extrême vigilance, vis-à-vis de ses manifestations à l'étranger. Si la lutte contre le racisme est impérative, elle ne saurait être le prétexte aux mêmes amalgames et aux mêmes hypocrisies qu’en 2001.
    Nous n’accepterons pas que l'État d'Israël soit stigmatisé, nous n'accepterons pas que sa politique soit calomniée, ni que la communauté juive, dans son ensemble, soit flétrie.
    Nous n’hésiterons pas, dans le cas contraire, en lien avec nos partenaires européens, à en tirer toutes les conséquences, et si nécessaire à nous retirer de cet exercice.
    Il est hors de question d’être spectateurs à Genève des dérives que nous combattons obstinément à Paris.
    Mesdames et Messieurs,
    Le Président de la République l’a dit, « ceux qui veulent importer en France des tensions communautaires trouveront l’État républicain sur sa route. »
    Nous n’acceptons pas que des manifestations prétendument pacifistes dégénèrent en débordements de violence, cautionnés par la complaisance de certains responsables politiques.
    Nous n’acceptons pas que des lieux de culte fassent l’objet de dégradations ou de tentatives de destruction.
    Nous n’acceptons pas – et je l’ai dit moi-même à Herrlisheim, en 2004, je l'ai redit à Drancy en 2005, je l'ai répété sur l’emplacement du Vélodrome d’Hiver, en 2008… - que des cimetières soient profanés, des tombes saccagées, des stèles souillées d’inscriptions haineuses.
    Nous n’acceptons pas que des enfants et des adolescents juifs deviennent les cibles de factions endoctrinées.
    Vous connaissez, Monsieur le Président, la détermination du Gouvernement à lutter contre l’antisémitisme et contre toutes les formes de racisme.
    J’ai réuni ce 15 janvier le comité interministériel qui s’y consacre.
    Des instructions d’extrême vigilance ont été données aux préfets et aux forces de police et de gendarmerie, pour faire en sorte que la liberté de culte soit entière ; que la sécurité des synagogues et de leurs abords soit totale ; que tout soit fait contre ceux qui veulent s’en prendre à des citoyens français, sous le motif intolérable qu’ils portent une kippa ou un nom à consonance juive.
    La première manière de lutter contre cet antisémitisme dont vous avez eu raison de souligner la résurgence, c’est de durcir la répression des actes racistes et antisémites; et une fois les condamnations prononcées, d’informer largement l’opinion publique de leur sévérité. Le 8 janvier dernier, les parquets ont reçu des instructions face à la recrudescence des actes à caractère antisémite.
    Elles prévoient :
    - de privilégier les réponses pénales rapides et fermes ;
    - de retenir la qualification pénale, avec la circonstance aggravante du mobile raciste, antisémite ou xénophobe, dès que les conditions pénales sont remplies ;
    - et enfin, de mieux associer les victimes au processus judiciaire, par un renforcement des échanges entre les magistrats des parquets généraux compétents et les représentants des associations culturelles et religieuses.
     
    Aujourd’hui, si le nombre d’affaires à caractère raciste, antisémite ou antireligieux tend effectivement à augmenter, le taux de réponse pénale progresse régulièrement : il est passé de 70% en 2006 à 78% en 2008, au vu des derniers chiffres disponibles.
    Les trois auteurs de la profanation du cimetière d’Herrlisheim ont été condamnés à des peines d’emprisonnement de 6 mois à 30 mois.
    L’agression antisémite de juillet 2007 commise dans le 19ème arrondissement de Paris, qui avait suscité une légitime émotion, a été sanctionnée de 9 mois d’emprisonnement.
    Dans l’affaire Vincent Raynouard pour contestation de crime contre l’humanité, la condamnation est tombée en juin : un an d’emprisonnement et de 20.000 euros d’amende.
    Ceci pour dire, monsieur le président, que la République ne transige pas.
    Parmi les condamnations prononcées, plusieurs dizaines concernent des provocations à la discrimination par voie électronique. Nous devons veiller à ce que les nouvelles technologies ne deviennent pas, à leur tour, le canal de la haine.
    Dans cet esprit, j’ai confié à Isabelle FALQUE-PIERROTIN, déléguée générale du Forum des droits sur Internet, une mission sur l’antisémitisme et le racisme dans les réseaux numériques. Il s’agit de nous doter des instruments et des moyens d’imposer sur l’internet les règles légales et les principes éthiques qui prévalent dans tous les autres médias.
    Au-delà de la réponse pénale, qui doit être intransigeante, nous avons la responsabilité d’expliquer et de défendre inlassablement les règles de notre vie commune.
    Le 15 avril dernier, au cours des cérémonies historiques qui ont célébré, dans la grande synagogue de la rue de la Victoire, le bicentenaire du consistoire, j’ai rappelé la part précieuse que la communauté juive avait prise, depuis la Révolution, dans la définition de notre modèle républicain.
    J’ai salué la manière dont cette participation avait été vécue, sans réserves, dans l’honneur, dans la fidélité, et souvent jusqu’au sacrifice de soi, par l’ensemble des juifs français.
    J’ai honoré la hauteur de vues avec laquelle les figures les plus nobles – Crémieux, Léon Blum, Bernard Lazare, le grand rabbin Kaplan – l’avaient illustrée.
    J’ai reconnu l’attachement indéfectible de votre communauté à notre patrie, à notre devise, à nos valeurs morales et citoyennes.
    Voilà pourquoi, monsieur le président, je veux que la laïcité républicaine reste le cadre de notre dialogue.
    Voilà pourquoi je veux que le Gouvernement continue de travailler avec les institutions juives à l’avancement pragmatique de nos dossiers communs.
    Voilà pourquoi je sollicite régulièrement les acteurs de la puissance publique pour que les questions du calendrier universitaire, de l’abattage rituel ou des carrés confessionnels dans les cimetières n’apparaissent plus comme des motifs de division, mais comme des terrains de progrès et d’entente entre nous.
    J’ai écrit récemment au Président KLARSFELD pour lui indiquer qu’à compter du 1er janvier 2009, les rentes servies aux orphelins de la déportation seraient réévaluées tous les ans. Il en ira ainsi de même pour les orphelins de la déportation juive que pour les orphelins de la Résistance.
    J’ai aussi demandé qu’au sein de l’Éducation nationale se poursuive une pédagogie de la mémoire, indispensable aux efforts les plus actuels pour cimenter la cohésion de la société française.
    A Aix-en-Provence, les travaux permettant la sauvegarde, l’aménagement et l’accès du camp des Milles ont pu débuter l’an dernier. Ils permettent d’envisager une ouverture au public dès 2010.
    Avec Drancy (où la Fondation pour la mémoire de la Shoah et le Mémorial de la Shoah sont en train d’édifier un bâtiment moderne, à la fois musée et centre de documentation), les Milles sont le seul camp d’internement, de transit et de déportation conservé dans son intégrité en France.
    Il porte les traces visibles de son passé. Il doit devenir un lieu de mémoire pour le pays tout entier, un lieu de référence pour raviver la conscience individuelle, la vigilance et la responsabilité des visiteurs, et notamment des plus jeunes.
    A l’école, nous avons fait en sorte que la réflexion sur la transmission de la mémoire historique se poursuive ; et en particulier, que la disparition progressive des témoins de la Shoah ne rompe pas le fil du souvenir.
    L’an dernier, au cours de ce même dîner, le Président de la République a proposé que la mémoire des 11 400 enfants juifs déportés de France soit confiée aux élèves de CM2.
    Il ne fait aucun doute qu’une pédagogie particulière doit être mise au point pour les enfants les plus jeunes ; et que le massacre des enfants juifs, ce paroxysme effroyable de la violence, doit y trouver sa place.
    Depuis, l’Éducation nationale travaille, avec des personnalités comme Simone VEIL, Claude LANZMAN et Serge KLARSFELD, aux modalités concrètes de mise en oeuvre de cet enseignement.
    Un livret intitulé Mémoire et Histoire de la Shoah, coordonné par Hélène WAYSBORD, a été distribué dans les écoles.
    Xavier DARCOS s’est engagé à mettre à la disposition des enseignants des ressources nouvelles, plus pertinentes.
    Un portail Internet a été ouvert, pour diffuser vers eux les bibliographies, les filmographies, les références numériques utiles. Un lien y renvoie vers la base de données des 11 400 enfants déportés de France, mise en place par le Mémorial de la Shoah à partir des archives rassemblées par l’Association des Fils et Filles de Déportés Juifs de France, auxquels je tiens à rendre hommage.
    Pour chaque enfant, cette base de données reprend son nom, son âge, son état-civil, mais aussi l’adresse précise où il fut arrêté. Tout est fait pour que les enfants de nos écoles puissent effectivement garder le souvenir d’enfants qui ont vécu comme eux, dans les mêmes rues, dans les mêmes immeubles, et des circonstances abominables qui les ont conduits à la mort.
    Ces écoliers sauront aussi qu’en France, 60 000 enfants juifs ont échappé à la déportation grâce à la population, aux réseaux de résistance, et grâce aux organisations juives dont le CRIF est issu.
    Hélène WAYSBORD m’a remis en juin un rapport qui recommande que l’étude d’un parcours individuel puisse servir d’introduction à celle de la période historique ; et que cet enseignement fasse place à la vie des enfants juifs, à leurs espoirs, à leur courage, à l’action glorieuse des Justes, autant qu’à la souffrance et à la mort.
    Vous voyez que sur ces deux points ses recommandations ont été scrupuleusement suivies.
    Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,
    Voila quelques jours, les déclarations abjectes de Mgr WILLIAMSON ont ravivé dans le monde entier la lutte qui ne peut cesser d’opposer le respect au mépris, et la vérité historique au mensonge.
    En niant la réalité de la Shoah, Mgr WILLIAMSON a dressé contre lui, au-delà de toutes les frontières, la condamnation catégorique des opinions, des églises, et des États démocratiques, dont plusieurs ont clairement rappelé que son égarement tombait sous le coup de leurs lois.
    A l’émotion universelle, je joins la voix, l’autorité et l’engagement de la France.
    Monsieur le président, La France s’honore d’accueillir aujourd’hui, avec plus de 600 000 personnes, la première communauté juive d’Europe.
    Celle-ci se reconnaît pleinement dans la République qui est notre bien commun. La République, qui sans nier les origines et les confessions, nous rassemble autour d’un idéal partagé qui s’appelle la France. La France que nous aimons, la France fidèle au pacte sacré de la liberté et de la dignité humaine, cette France là nous oblige.
    Elle nous oblige à ne jamais sacrifier nos idéaux.
    Elle nous oblige à combattre sans faiblesse les adversaires de la République, ceux là même qui se drapent dans notre liberté pour déployer leur intolérance.
    Elle nous oblige à ne jamais choisir les chemins de complaisance qui, de compromis en compromission, conduisent à la déroute morale.
    Elle nous oblige aussi au souvenir.
    Notre pays doit célébrer ses jours de grandeur et reconnaître ses heures de honte parce que la mémoire d’un grand peuple comme le nôtre ne se divise pas.
    Voilà, Mesdames et Messieurs, le sens de mon engagement politique. Et tel est le sens de l’action du Président de la République et du gouvernement."

    Discours de Richard Prasquier au dîner annuel du CRIF

     
    Ci-après l'intégralité du discours du président Richard Prasquier, lors du dîner annuel du CRIF, le 2 mars 2009.
     
    "Monsieur le Premier Ministre,
    Je vous remercie de venir prononcer le traditionnel discours du dîner du CRIF. Nous reprenons ainsi une longue tradition, et nous connaissons aussi bien votre passion pour la République que l'attention précise que vous portez aux dossiers qui nous concernent.
    Le Président nous a honorés, et nous en sommes touchés,  de sa présence, après son voyage à Charm el Cheikh en faveur des populations palestiniennes. Il a détaillé les conditions indispensables, notamment en ce qui concerne le Hamas,  pour que des accords de paix puissent être envisagés. Cette paix, nous en rêvons tous et nous sommes heureux que la voix de la France compte aujourd'hui plus que jamais au Proche Orient. J'espère aussi que cela permettra d'obtenir la libération de notre compatriote Gilad Shalit.
    Je m'incline devant Cécile Vannier, la jeune fille de 17 ans, assassinée au Caire dont les obsèques viennent d'avoir lieu.
    Et je m'incline aussi devant les victimes, toutes les victimes civiles du conflit israélo-palestinien, ceux et celles qui ont été tuées à Gaza lors de l'opération israélienne, comme celles et ceux, de Sderot ou d'ailleurs, tués par les tirs du Hamas lancés de Gaza vers Israël pendant plusieurs années.
    A Toulouse, Benjamin et une dizaine de ses amis étudient le soir avec leur rabbin dans une synagogue, quand une camionnette incendiée est lancée sur le portail.
    A Metz après un prêche à la mosquée, une centaine d'hommes surexcités se précipitent vers la synagogue et sont heureusement arrêtés par les forces de l'ordre.
    A Fontenay sous Bois, Michael se défend contre des voleurs qui s'en prennent à sa voiture. Ils voient son étoile de David. "Ah tu es Juif!" Et Michael reçoit un coup de couteau au cou.
    En janvier 2009, il y a eu trois cent cinquante deux actes antisémites de toutes sortes, à comparer à quatre cent soixante actes environ pour les années entières de 2007 ou 2008. Il y a eu ce mois-là 50 actions violentes caractérisées, contre une dizaine en moyenne mensuelle les années précédentes. Et sans la vigilance des forces de l'ordre, les conséquences auraient été  encore bien plus graves.
     Bientôt commencera le procès des assassins de Ilan Halimi. Nous serons tous derrière sa famille, mais je sais qu'il y a des désaxés et des haineux qui pensent que comme Juif, il méritait ce qui lui est arrivé...
    Nous avons votre gouvernement une relation de profonde confiance et en parlant, je sais que je m'adresse à un ami. C'est une alarme que je vous lance à contre-cœur, mais de façon solennelle: l'antisémitisme est de retour. Aujourd'hui beaucoup de Juifs en France ont peur. Mais notre inquiétude, qui, je le sais, est aussi la vôtre, c'est le désarroi pour la France et la peur pour la République où nous avons dans l'histoire souvent joué le rôle de vigie.
    1. La crise et les rumeurs
    La crise est omniprésente dans notre quotidien. Les Juifs en sont victimes  comme les autres. Ils ont la même inquiétude pour leurs emplois, leur avenir et celui de leurs enfants. Comme chacun, nous savons qu'il faudra travailler plus et peut-être autrement, et surtout ne pas laisser les plus fragiles de nos concitoyens au bord de la route.
     
    Nous savons que ces crises économiques sont un prétexte fertile pour l'antisémitisme.
    Très vite sont apparus ici et là, et plutôt moins en France qu'ailleurs, des discours attribuant aux Juifs la responsabilité du krach immobilier, bancaire et boursier, des listes de Juifs dirigeant des entreprises publiques ou privées, des accusations de destruction du système économique, dans le plus pur esprit du protocole des Sages de Sion. L'affaire Madoff a amplifié ces calomnies.
     
    Rien n'a servi de prouver que les Juifs ou les associations juives n'ont pas échappé à la crise. Il n'avait servi à rien de vérifier que les Juifs étaient aussi nombreux que les autres parmi les victimes des attentats du 11 septembre. La rumeur n'a que faire de la vérité. Plier des faits à une idéologie est une activité ancienne, mais aujourd'hui Internet apporte aux rumeurs une caisse de résonance terrifiante. L'antisémitisme s'y déploie sans mesure.
     
    Il faut, c'est difficile, concilier les contraintes de la liberté, de la loi et de la morale sur Internet et son réseau mondial. Je sais, Monsieur le Premier Ministre que vous vous préoccupez particulièrement de ces problèmes. Nos demandes sont de créer un observatoire du racisme sur Internet, de renforcer les moyens de l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de poursuivre systématiquement les hébergeurs de contenus antisémites.
     

    2. L'intervention israélienne à Gaza et l'antisémitisme

    Le 27 décembre 2008, le gouvernement israélien a lancé sur Gaza une opération pour faire cesser les tirs sur le sud du pays. Dès le lendemain commençaient des manifestations contre Israël.  Chacun a ici en mémoire l'historique des événements. Mais le mois de janvier 2009 a vu dans notre pays, mais pas seulement dans notre pays, une explosion de haine d'une virulence alarmante.
    Il y a ces violences caractérisées, la partie émergée de l'iceberg. Mais il y a aussi le reste, par exemple la haine contre les Juifs qui s'est déversée sur les sites des journaux qu'on a dû fermer. Je m'inquiétais l'an dernier de la propagation de cette sous-culture de stéréotypes anti-Juifs: elle s'extériorise aujourd'hui. Hier confidentielle, elle s'est affichée en janvier sans complexe dans les rues de la République.
    Les manifestations prétendaient soutenir la population de Gaza contre les attaques d'Israël, contre qui aucun qualificatif n'a été épargné: génocidaire, nazi, honte de l'humanité.
    Mais il y a eu aussi ces cris de morts aux Juifs, cette insulte monstrueuse de l'étoile de David impunément identifiée sur les banderoles à la croix gammée, Il y a eu ces maquettes de fusées Qasam glorieusement transportées dans les rues de Paris par des militants cagoulés. Pour bien des organisateurs, nous l'avons compris, l'objectif réel était de glorifier le Hamas.
    Nous sommes dans un pays libre: manifestations de soutien à la population palestinienne, manifestations d'hostilité à la politique israélienne, tout cela est normal. Mais comment admettre qu'on défile sous les drapeaux de ce mouvement architerroriste qu'est le Hamas avec des banderoles de haine et des slogans de mort? Je comprends celui qui vient aider des populations en détresse et qui se laisse manipuler; mais comment croire ces militants politiques aguerris de l'extrême gauche qui prétendent n'avoir rien vu et rien entendu de ces débordements? Sur les photos on ne les voit pourtant pas fermer les yeux ou se boucher les oreilles!
    Ils devraient pourtant l'avoir lue, la charte du Hamas, eux qui se veulent les militants de la paix. Article 7: "Pour hâter la venue du Jugement Dernier, chaque musulman devra tuer son Juif (oui, son Juif, pas son israélien....). Et chaque arbre, sauf celui qu'on appelle l'arbre des Juifs, dira "musulman, il y a un Juif derrière moi, tue-le!"
    Les mêmes jours de janvier 2009, par coïncidence, le Sri Lanka attaquait l'enclave des Tigres de l'Elam tamoul, ce mouvement terroriste qui dispute au Hamas le douteux privilège d'avoir inventé les attentats-suicides. Il y a de très nombreux morts dans la population civile. Où sont les manifestants pour les tamouls du Sri Lanka? Où étaient les manifestants pour le Darfour?
    Cette semaine dans un grand magazine une photo prise dans une zone du Pakistan où la charia vient d'être instaurée montre un homme à terre. Il est boucher et a contrevenu à la viande hallal. Il sera fouetté jusqu'à ce que mort s'en suive. Messieurs les pourfendeurs d'Israël et les théoriciens de l'antisionisme, êtes-vous d'accord pour tuer cet homme, comme le sont à  coup sûr beaucoup de vos voisins de manifestations? Où sont vos pétitions et vos défilés? Pourquoi votre indignation est-elle si sélective?
    Nous sommes aussi sensibles que d'autres aux victimes civiles palestiniennes de l'opération israélienne. Mais nous n'oublions pas les victimes du Hamas, qui sont aussi bien palestiniennes qu'israéliennes.
    Les images que nous avons vues de Gaza ont été dures. Nous jugeons le monde au travers des écrans, dans une immédiateté qui soulève l'émotion mais embarrasse l'analyse et étouffe la réflexion. Nous avions mis en garde l'opinion contre les risques de manipulation des images dans laquelle le Hamas est expert. Je constate que le traitement du conflit a été en France globalement plus attentif et plus balancé que dans le passé. Certaines émissions satellitaires du Moyen Orient ont été épouvantables; je remercie le CSA de sa vigilance, car les images sont dangereuses, elles peuvent tuer.
    En tout cas les images ne justifient jamais des violences contre les Juifs
     
    3. L' antisionisme aujourd'hui
    Certains osent suggérer ou même écrire que par leur attachement à  Israël, les Juifs de France, et le CRIF en particulier, se rendent eux-mêmes responsables des débordements antisémites. Cette phraséologie fielleuse, nous l'avons connue dans notre histoire. "Ne soyez plus ceci ou cela, en gros ne soyez plus Juif, et il n'y aura plus d'hostilité contre vous......"nous disait-on alors. Aujourd'hui on nous enjoint hypocritement: "Soyez contre Israël, sinon il sera normal que nous soyons, ou que les autres soient, antisémites." C'est ainsi qu'Arthur, sous prétexte d'être juif et de soutenir Israël est interdit de spectacle par des manifestants extrémistes.
    Antisionisme et antisémitisme, le débat est simple. Dans le passé, l'antisionisme était une opinion. Mais l'antisionisme aujourd'hui, c'est le vecteur majeur de l'antisémitisme. Car il y a 60 ans la Communauté des Nations du monde a accepté l'Etat d'Israël comme elle l'a fait plus tard pour des dizaines d'autres Etats. Il a été créé en tant que l'Etat du peuple Juif avec une minorité arabe, comme bien d'autres Etats ont des minorités nationales.
     Le peuple juif? Oui, dans leur très longue histoire les Juifs se sont forgé une unité de religion, de culture et de destin telle que peu de peuples peuvent en revendiquer. Le lien à Sion, c'est-à-dire Jérusalem, a été un élément central et indestructible de leur tradition. Etre sioniste, c'est tout simplement vouloir l'existence, d'ailleurs légale, de l'Etat d'Israël. Etre antisioniste aujourd'hui, ce n'est pas s'opposer à un projet, mais vouloir l'éradication d'une réalité. Etre antisioniste aujourd'hui, vouloir la destruction d'Israël, c'est faire cause commune avec Ahmadinedjad.
    On n'est pas communautariste parce qu'on est sioniste, et on n'est d'ailleurs pas forcément Juif parce qu'on est sioniste. Ce que nous réclamons, et qui est la moindre des choses, c'est le droit d'être sionistes sans être victimes de l'antisémitisme.
    Le 4 janvier 2009, nous avons manifesté dans la dignité et le calme notre solidarité à l'égard de l'Etat d'Israël comme c'est notre droit de citoyens français. Nous n'avons pas manifesté contre les Palestiniens. Le Crif s'est exprimé en faveur d'un Etat palestinien viable et prospère, mais nous disons que ce ne pourra pas être un Etat dominé par le Hamas, mouvement totalitaire partisan de la démocratie d'un seul jour, le jour qui le conduit au pouvoir.
     
    4. Vivre ensemble
    Je récuse l'expression de violences interethniques trop complaisamment utilisée. Certes, toute agression contre un Juif n'est pas forcément une agression antisémite. Mais les faits sont têtus: au cours de ce mois de janvier 2009, en dehors d'un épisode mineur et discutable, que nous avons dénoncé, ce sont des Juifs et eux seuls qui  ont été agressés ou insultés.
    Nous ne voulons pas d'une France des tribus et les matchs intercommunautaires ne nous intéressent pas. Notre pays est divers: de la singularité juive, comme des autres singularités de destin et de culture qui le composent, il nous revient de faire un atout et non pas un obstacle. Gilles Bernheim, le nouveau grand Rabbin de France, parle de la fraternité des hommes, qui prend sa force dans la rencontre assumée de leurs différences. A nous aussi, responsables juifs, de donner l'exemple de l'ouverture en sincérité, en tranquillité et en lucidité et de rejeter les tentations stérilisantes du repli sur soi.
    Nous rendons hommage aux forces de l'ordre  et aux autorités publiques qui ont témoigné de l'importance qu'elles attachaient à la protection des Juifs. M'exprimant à l'étranger et notamment aux Etats-Unis, j'ai martelé cette évidence qu'il y a de l'antisémitisme en France, mais que la France n'est pas un pays antisémite: aujourd'hui enfin, ce message est entendu, mieux que dans le passé.
    Mais voici des années que la France doit protéger les Juifs, des années que nous nous sommes habitués aux gardes et aux portiques de sécurité. Nous savons que nous en aurons besoin pendant longtemps et nous finissons par nous dire que cela est normal. Mais cela n'est pas normal. L'avenir de notre pays est de produire du sens et non pas des fourgons de police pour protéger des citoyens.
    Je salue les représentants des différents groupes qui portent des mémoires ou des traditions particulières, religieuses, culturelles ou historiques. A nos amis musulmans qui seront les premières cibles de l'islamisme radical, je dis solennellement que c'est dans les moments difficiles, quand les événements semblent nous rouler vers des bords opposés que nous devons amplifier nos échanges et le faire savoir publiquement. Il faut résister aux slogans et aux pressions des extrémistes et des violents. Nous savons tous ici que notre combat est commun, c'est le combat de la fraternité, c'est le combat de la démocratie.
    Nos rencontres doivent se placer sous l'égide de la loi et des valeurs de la République, dans le cadre d'un projet identitaire ouvert et respectueux, dont la laïcité est un fondement. Si cette règle du jeu est contournée, le tissu national continuera de se déliter.
    C'est l'Etat qui doit donner les impulsions, qui pourront alors -mais alors seulement- être relayées efficacement  par des initiatives citoyennes locales visant à promouvoir ce qu'on appelle le "vivre ensemble". Le CRIF rencontrera les organisations syndicales ou associatives de notre pays. Nous rencontrerons les organisations politiques de tout l'axe républicain y compris ceux qui ne nous sont pas favorables. Nous allons clarifier nos positions et  convaincre nos interlocuteurs que le combat contre l'antisémitisme est un combat d'aujourd'hui et que la haine des Juifs est un marqueur de la tribalisation de notre société. 
     
    5. Islamisme radical: le cas des Frères Musulmans
    Le calendrier de la lutte contre l'antisémitisme ne doit pas être calqué sur le conflit israélo-palestinien. Ce n'est pas ce conflit qui a créé les mouvements islamistes radicaux. Ces mouvements le manipulent, car nommer un ennemi commun -le sioniste- est un bon moyen de masquer les divergences. C'est ce que font l'Iran des mollahs, Al Qaida ou le Mouvement des Frères Musulmans. Une solution par compromis pacifique du conflit israélo-palestinien ne fera jamais leur affaire, car leurs objectifs sont ailleurs, vers la conquête du monde.
    Lorsque l'islamisme radical prend la forme destructrice immédiate d'Al Qaida, nous savons à qui nous avons affaire. Mais lorsqu'il prend la forme plus insidieuse qui est celle des Frères Musulmans nous autres démocrates sommes moins bien armés. Les Frères Musulmans utilisent les espaces de nos sociétés ouvertes pour y acquérir d'abord leur légitimité puis la revendication de leur propre code de valeurs, sous couvert de la liberté d'expression. Ce code est incompatible avec les règles de notre société, encore faut-il que notre société n'oublie pas ses règles.
    Les Frères Musulmans utilisent un langage policé à l'extérieur, mais un langage de  guerre sainte à usage interne: pour savoir leur projet, il n'y a qu'à lire la charte du Hamas, qui n'est au fond que leur branche palestinienne. C'est un discours sidérant de haine et de violence pas seulement envers Israël, pas seulement envers les Juifs, mais au sens large vers tous ceux qui sont appelés les Croisés....
    Les causes profondes de l'explosion antisémite de janvier 2009, c'est là qu'il faut les chercher, dans la poursuite d'un projet politique dément envers lequel nous n'avons pas le droit d'être complaisants. Le fanatisme est d'autant plus dangereux qu'il s'affuble des oripeaux de la modernité.
    La branche française des Frères Musulmans, c'est l'UOIF. Ils sont très largement intervenus en janvier. Ils ont publié des communiqués accusant les Israéliens de génocide sans précédent et de génocide programmé. Ils disent donc que nous sommes des complices des génocidaires. Il ne sera pas question pour nous de reprendre de dialogue tant que ces mots inadmissibles ne seront pas retirés. Nous n'abandonnerons jamais contre les assassins de la vérité.
     

    6. Williamson

    Un autre de ces assassins de la vérité s'appelle Richard Williamson, négationniste invétéré, dont l'excommunication a été levée récemment levée à notre stupéfaction. Le Président de la République s'est personnellement exprimé sur cette affaire et nous l'en remercions. Sur ce sujet,  je ferai trois remarques.
    La première est que les Juifs ont été pourchassés puis exterminés pendant la Guerre parce qu'il y avait un certain nombre de criminels et beaucoup, beaucoup d'indifférents. La mémoire de la Shoah va, si nous ne prenons pas garde, s'effacer non pas à cause des négationnistes, mais à cause des indifférents, comme il y en a eu dans la Commission instruisant le dossier de M.Williamson. Les militants de la mémoire ont encore beaucoup de travail devant eux.....
    La seconde est qu'il ne suffira pas d'un Williamson pour briser les liens établis aujourd'hui entre l'Eglise catholique et ses fidèles avec les Juifs, liens dont nous éprouvons en France la solidité particulière.
    La troisième est que je suis heureux que la Loi Gayssot existe...
    Le négationnisme n'est pas une opinion, c'est une abjection criminelle. Mais la mémoire de la Shoah est aussi un baromètre moral: y être indifférent, c'est faire peu de cas des notions de bien et de mal, admettre le négationnisme comme une opinion c'est pervertir les notions de vérité et de mensonge et faire l'amalgame entre  l'extermination planifiée et des morts au cours d'une action militaire c'est asservir son esprit à la propagande, pour laquelle la conquête des mots précède celle des lieux et celle des hommes.
     

    7. Genève - Durban

    Il y a une ville où dans quelques semaines une autre forme de révisionnisme recherchera une victoire, c'est Genève où du 20 au 24 avril aura lieu la Conférence appelée Durban 2, organisée par le Conseil des Droits de l'Homme à l'ONU. Le nom de cet organisme est prestigieux, son histoire l'est moins, surtout si on pense à la tristement célèbre Conférence de Durban de septembre 2001. Celle-ci avec son Forum des ONG où les Juifs devaient physiquement fuir sous les insultes a laissé un souvenir poignant.
    Le Président de la République avait énoncé l'an dernier les lignes rouges qui conditionnaient la participation de la France à cette Conférence.
    On discute à Genève le texte de la résolution finale. Les propositions actuelles  maintiennent l'interdiction de diffamer des religions, ce qui est une menace majeure sur la liberté d'expression, focalisent les critiques sur les sociétés libérales et leur soi-disant racisme, et bien entendu réservent à Israël la part essentielle de la mise au pilori.
    Au cours de la réunion de la semaine derrière, les négociations ont bloqué sur l'essentiel d'autant que l'Iran a conduit le jeu. Pour cette raison, les Etats-Unis, qui pour la première fois ont participé à ce type de rencontre, viennent de faire savoir officiellement qu'ils n'iraient pas à Genève.
    Cette décision est capitale :l'administration américaine, sous les ordres d'un nouveau Président dont l'élection est un magnifique symbole, a abordé Durban 2 d'un oeil neuf et sans préjugé, puis a décidé que trop c'était trop....
    Je vous conjure: ne faites pas de compromis sur les lignes rouges de Genève; si le blocage est réel, que la France ne reste pas dans cette mascarade, qu'elle ne laisse pas l'Iran, la Libye et Cuba définir ce que doivent être les Droits de l'Homme, ou plutôt qu'elle les laisse et qu'elle parte, qu'elle parte avec l'Europe, qu'elle parte avec tous les pays où les mots de liberté, de démocratie et d'égalité entre hommes et femmes ont un sens....
    Ces pays sont peut-être aujourd'hui minoritaires dans le nombre des votes, et alors? Ils sont majoritaires, j'en suis sûr, dans l'espoir des hommes. De cela vous êtes, nous sommes tous responsables. Et que la France organise avec ces pays qui ont œuvré pour réduire les plaies de nos sociétés, une authentique Conférence sur les Droits de l'Homme, le racisme et l'antisémitisme.
     

    8. L'Iran

    Parlant de Durban 2 et de ses dérives, on retrouve le régime iranien.
    Malgré l'effondrement de la ressource pétrolière,  malgré le désastre économique, malgré le rejet par de larges portions de la société, malgré la misère généralisée, Ahmadinedjad et son groupe n'en démordent pas: leur priorité c'est la bombe nucléaire, la bombe qui assouvira leur fantasmes de puissance. Les échéances sont maintenant proches. Nous savons l'implication de la France dans ce dossier  de la nucléarisation de l'Iran, l'un des plus inquiétants du monde d'aujourd'hui. Financier du Hamas et de l'Hezbollah, négationniste, marchand d'armes, de haine et d'apocalypse, Ahmadinedjad ne doit pas maintenir sous la menace nucléaire un groupe de pays dépendant du rayon croissant de ses fusées et bien plus étendu que le seul Etat d'Israël.

    9. Un nouveau gouvernement en Israël

    Israël dans quelques jours, aura un nouveau gouvernement. Il sera comme toujours issu d'élections démocratiques. Benjamin Netanyahou sera son probable Premier Ministre et nous souhaitons que son mandat accroisse les espoirs des peuples imbriqués, israélien et palestinien, pour que leur cohabitation pacifique se développe sur des bases sincères et qu'ils oeuvrent en commun pour faire pièce aux prêcheurs de haine.

    10. Conclusion: René Cassin

    Monsieur le Premier Ministre,
    Je voudrais pour terminer parler de René Cassin. Né à Nice d'une vieille famille juive du Comtat Venaissin, invalide de la guerre de 14/18, compagnon parmi les premiers du Général de Gaulle, juriste de la France libre, vice-Président du Conseil d'Etat, Président de la Cour européenne des Droits de l'Homme et de l'Alliance israélite Universelle, il fut, on le sait, le principal auteur de cette Déclaration des Droits de l'Homme, dont on a fêté les 60 ans il y a quelques mois et dont le caractère universel est aujourd'hui remis en cause de façon si criante.
    A Oslo, recevant en 1968 son Prix Nobel de la Paix, citant le poète Sully Prudhomme, René Cassin a dit: "Je tiens de ma patrie un cœur qui la déborde. Et plus je suis français, plus je me sens humain....".
    Que la fierté de René Cassin soit la nôtre et que son souvenir nous renforce......
    Cette soirée est dédiée à la mémoire de notre chère Elisabeth Cohen Tanoudji..."
     
    RICHARD PRASQUIER
    Président du CRIF
    2 MARS  2009